Warriors & Cavs : la fête du sweep

Dans l’Ohio et en Californie, le coup de balai est de sortie. Les têtes de gondole des conférences Est et Ouest que sont Cleveland et Golden State détruisent la concurrence sans aucune peine, à coups de sweeps. Impressionnantes, les deux armadas se dirigent tout droit vers un troisième duel au sommet. Duel qui a tout pour être épique.

Les Raptors et le Jazz peuvent chausser les tongs

Quatre petits matchs face aux Pacers, quatre autres face aux Raptors et voilà les Cavaliers en finale de conférence. Pas bien dur, hein ? La conférence Est n’est pas la plus relevée et l’accès à ce stade des playoffs est un minimum pour les champions en titre. Un tout petit minimum même. Car les Pacers et Raptors n’avaient aucune chance avant de jouer les Cavs. Le sport reste le sport et sa part d’inconnue créée forcément un intérêt à chaque rencontre mais si les premiers dépendaient trop de Paul George, les seconds ne sont jamais parvenus à hausser leur niveau de jeu et leurs leaders, DeRozan et Lowry, ont déjoué face à la trop talentueuse armada de l’Ohio. On espérait un peu de suspens, un peu de doutes dans les esprits des hommes de coach Lue. Rien. Si C.J.Miles aurait pu surprendre tout le monde de la NBA en rentrant son shoot au buzzer lors du match 1 entre Pacers et Cavaliers, on a senti LeBron James en mission lors de ces deux premières séries et les adversaires présents en face n’avaient pas de quoi l’effrayer. En plus de cela, le King n’est pas entouré par les U-15 du Basket Club de Jouy-en-Josas et quand les Cavs mettent le moteur en route, il faut plus que P.J.Tucker ou Thaddeus Young pour les arrêter.

A l’Ouest, pas grand chose de nouveau. Après avoir découpé de trop faibles Blazers, les Warriors se sont rendus dans l’Utah pour envoyer Rudy Gobert en vacances. Là où cette nouvelle en ravirait plus d’un, on est à peu près sûr que le grand pivot français aurait signé pour quelques semaines de boulot supplémentaires. Mais Golden State en a décidé autrement. Portés par un collectif hors-norme et des individualités plus que solides, au service de ce dernier, les hommes de Steve Kerr ont rapidement détruit les espoirs du Jazz. Aussi braves qu’ils soient, les coéquipiers des frenchies Rudy Gobert et Boris Diaw n’avaient pas les armes pour rivaliser avec une telle densité de joueurs talentueux. Même s’ils auraient pu sauver l’honneur lors du match 3, ils ont été étouffés dès le début de la série par des Warriors concernés et en réglés en mode « mission reconquête du titre perdu la saison dernière ».

Car si les californiens ont été sacrés champions en 2015 en dominant Cleveland, ils ont dû rendre leur couronne à leurs bourreaux la saison suivante. Pourtant menés 1-3, LeBron James et ses potes avaient sorti des performances de très haut niveau pour revenir et battre les Warriors au bout d’un match 7 historique.

Un duel épique à l’horizon

Cette saison, les retrouvailles devraient avoir lieu dans quelques semaines entre les deux meilleures équipes de la ligue. Avec un effectif chamboulé par l’arrivée de Kevin Durant, Golden State n’est peut-être pas aussi dominant que la saison dernière, où les Warriors avaient sereinement posé la plus grosse saison régulière de l’histoire de la NBA (73 victoires pour 9 défaites). En tout cas, ils ne sont pas dominant de la même façon. Les départs de Harrison Barnes, Mo Speights, Leandro Barbosa ou encore Andrew Bogut, les californiens ont perdu dans leur fluidité collective et ont également perdu de la densité sur le banc. Aussi, le départ de Bogut n’a que peu été compensé et Zaza Pachulia et JaVale McGee n’ont pas la même présence que le grand australien. Les Warriors sont plus friables dans la raquette. Mais évidemment, l’arrivée de Durant n’a pas que des conséquences négatives. L’ailier est un des meilleurs attaquants de la ligue et peut scorer sur n’importe quel défenseur. Sa capacité à jouer intelligemment, à passer quand il faut passer et shooter quand il faut shooter, font de lui un élément essentiel dans la rotation de Steve Kerr, qui dispose désormais de l’une voire de la meilleure attaque de l’histoire de la ligue. Car Durant est entouré du double MVP en titre et de deux acolytes All Star. Curry est un formidable attaquant, capable de prendre des tirs que personne n’ose prendre et de les rentrer avec une aisance déconcertante. Thompson shoote comme il respire et se charge de défendre sur le meilleur « petit » adverse. Et Draymond Green reste le moteur qu’il a toujours été. Il est le point d’ancrage du système moderne des Warriors. Les départs de certains membres de l’épopée des deux dernières saisons ont été compensés par les arrivées des expérimentés Pachulia, McGee, West et Barnes, qui sont un cran en dessous de leurs prédécesseurs mais sur qui on peut compter.

 

Côté Cavs, le noyau dur est toujours le même. LeBron, Kevin, Kyrie, Tristan, J.R., Iman… Les cadres sont restés et seuls les braves Matthew Dellavedova et Timofey Mozgov ne sont pas du voyage cette saison. Le premier a été brillamment remplacé par Deron Williams, le second ne l’a pas été mais il n’était pas essentiel de remplacer le beau russe, qui n’apportait plus grand chose, à part les cafés après les entrainements. Cette saison, les Cavaliers ont connu des hauts et des bas mais apparaissent globalement encore plus compétitifs que l’an dernier avec un effectif encore plus dense et des possibilités tactiques plus nombreuses. La signature de Kyle Korver a permis à Lue de proposer par séquence un 5 capable de scorer de loin, notamment avec la présence de Richard Jefferson ou J.R.Smith. Aussi, LeBron James reste LeBron James et on sent que lorsqu’il passe la seconde, il ne la passe pas pour de faux. Il serait fort de café de récompenser le King d’un titre de MVP cette saison mais il parait incontestable, au vu de son niveau de jeu lors du début des playoffs, d’admettre que James est le meilleur joueur du monde quand les choses sérieuses arrivent.

Avant ça, un dernier obstacle

Pour la première fois de l’histoire de la ligue, deux franchises ont débuté leurs playoffs par deux sweeps consécutifs. Ce n’est pas un hasard si cela tombe sur les deux cadors que sont Cleveland et Golden State. Les deux franchises dominent la ligue depuis trois saisons et la concurrence ne semble pas encore en mesure d’inquiéter l’un ou l’autre cette année.

Cependant, il faudra encore disputer une série avant de se retrouver en finales. A Golden State, on observe tranquillement le gros duel entre les Spurs et les Rockets, qui proposent une véritable opposition de styles. Entre le jeu posé, réfléchi et lent de coach Pop’ et les courses multipliées et les shoots extérieurs des hommes de Mike d’Antoni, il y a le choix. Dans notre dernier film prono, on vous pronostiquait la victoire finale des Spurs. On maintient. Même si les Rockets ont les armes pour venir à bout des vieux texans.

A Cleveland, on regarde avec attention les Celtics et les Wizards s’entretuer et se fatiguer pour mieux perdre au tour suivant. Boston est favori de cette série mais Washington, bien emmené par un grand John Wall, a prouvé qu’il pouvait proposer une sérieuse opposition aux Celtics, qui craquent souvent à un moment du match.

Dans tous les cas, que ce soient les Rockets ou les Spurs d’un côté ou les Celtics ou les Wizards de l’autre, l’opposition face aux Warriors et Cavaliers sera intéressante et il y aura de toute façon match lors de ces finales de conférence. Golden State et Cleveland ne sont pas encore en finale et devront franchir un obstacle coriace pour y accéder. Cependant, les deux franchises rivales ont les cartes en main pour se retrouver dans quelques semaines. Il ne devrait pas y avoir de nouveau sweep. Normalement.

On rêvait d’un nouveau duel au sommet. Il devrait avoir lieu. Sweep dreams are made of this.

 

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

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