Au bout de l’ennui, Castres s’offre un sursis

Dans un froid digne d’un hiver moscovite, le Castres Olympique s’est offert un succès de prestige (13-12) contre la province irlandaise du Munster, demi-finaliste de la dernière édition de la Champions-Cup. Courageux et combattifs, les hommes de Christophe Urios sont encore en course pour un éventuel quart de finale.

Un combat d’une rare intensité

Ce match n’aura pas été le plus spectaculaire de la saison, bien au contraire. Avec seulement un essai et très peu d’actions réellement dangereuses d’un côté comme de l’autre, on était plus proches du combat de boxe que du match de rugby. Les joueurs ont porté des gants pendant tout le match et les en-avant se sont multipliés, donnant un match plus que brouillon. Pénalisés à respectivement douze et neuf reprises, Castrais et Munstermen nous ont offert un bien triste spectacle. On retiendra plus le cœur que les Castrais ont mis dans cette rencontre que la qualité de ce dernier.

Car oui, les Castrais nous ont montré un visage séduisant, essentiellement dans le combat. Dans un match où les défenses ont pris le pas sur les attaques, les Tarnais ont su maîtriser des Irlandais peu inspirés, à l’image d’un Murray nerveux. Menés 3-0 après seulement deux minutes de jeu, les coéquipiers de Scott Spedding ont profité d’une percussion à retardement grossière de Scannell sur ce même Scott Spedding pour recoller au score (3-3 ; 11e). Profitant d’un Carbery peu en réussite (4/7), les Castrais ont limité la casse lors de leurs temps faibles. Et quand l’occasion s’est présentée, Fa’anunu n’a pas hésité à transpercer la défense irlandaise pour inscrire en force le seul essai du match (10-6 ; 25e).

La suite se résume à un combat terrible, de multiples échecs aux pieds, des cartons jaunes, des petites bagarres par-ci par-là et des fautes de main et de discipline qui ont haché un match sans folie. On notera quand même les grosses prestations du capitaine Babillot, indispensable en zone de ruck, Scott Spedding, solide à l’arrière et qui a fait un bien fou par la longueur et la précision de son jeu au pied et Monsieur Barnes qui ne doit plus avoir beaucoup de souffle après avoir sifflé toute la soirée.

Castres se replace

Malgré l’ennui, l’essentiel est là pour le C.O. Les champions de France en titre remontent à la deuxième place, à trois points de leur adversaire du soir et un point devant Exeter et Gloucester. Au vu du classement serré, on comprend bien qu’un seul de ces clubs goûtera aux quarts de finale. En effet, le nombre de points est bien trop faible pour espérer qu’une équipe de la poule se qualifie au jeu des meilleurs deuxièmes. Castres apparaît ainsi dans l’obligation de réaliser un sans-faute et idéalement de faire carton plein en empochant  deux bonus offensifs lors de son déplacement à Exeter puis la réception de Gloucester. Il faudra également prier pour que le Munster trébuche à Gloucester ou contre Exeter pour envisager la première place du groupe.

Au vu du match de ce soir, on est en droit de ne pas être très optimiste. Pas franchement étincelant, Castres doit, en grande partie, son succès au manque de réalisme irlandais. Certes, le cœur était là mais, pour la suite, il risque de ne pas suffire. A l’image d’un Kockott pénalisé à de trop nombreuses reprises, d’une mêlée capable du meilleur comme du pire et d’un Urdapiletta maladroit (3/5), le C.O va devoir régler ce problème d’indiscipline. Cependant restons sur une bonne note et rappelons-nous que Castres vient quand même de taper une des grosses cylindrés du rugby européen.

Supporter de L’OL en Ligue 1 et de l’ASM en Top 14. La deuxième place, c’est pour lui.

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