Van Avermaet, le perdant devenu gagnant

Les classiques flandriennes se sont achevées ce dimanche avec Paris-Roubaix. Si les Belges ont une fois de plus tout écrasé c’est en partie grâce à un Van Avermaet qui a remporté presque la moitié des épreuves. Depuis son titre de champion olympique le Belge s’est métamorphosé. Eternel bien placé, Greg Van Avermaet a enfin appris à gagner et ça personne ne s’y attendait.

Peter Sagan n’a peut-être pas encore compris que Van Avermaet avait gagné.. En tout cas il est content.

L’ancien Sagan

Avant les JO, Greg Van Avermaet n’était pas sans rappeler Peter Sagan. Comme le Slovaque aujourd’hui, il était toujours dans les bons coups mais n’arrivait jamais à conclure au moment voulu. Pour vous donner une idée, sur les 106 classiques (championnats du monde et JO inclus) disputées par Van Avermaet avant 2016, il a accroché 35 top 10 pour seulement une victoire à Paris-Tours en 2011. Brillant de 2013 à 2015, le coureur BMC n’a cependant jamais réussi à remporter de classique. Partout où il allait, il intégrait le top 5 et bien souvent le podium, avec notamment des deuxièmes places au Circuit Het Nieuwsblad, à la Strade Bianche et au Tour des Flandres, et quelques troisièmes places au Gand-Wevelgem, au Tour des Flandres, à Paris-Roubaix, au Grand Prix de Québec et à Paris-Tours. En trois ans, Greg Van Avermaet est monté sur tous les podiums possibles et imaginables sans décrocher le moindre succès. Mais dès 2016, à 30 ans, il va voir les places d’honneur se faire remplacer par des succès.

2016 pour annoncer, 2017 pour confirmer

En 2016, Greg Van Avermaet est élu sportif belge de l’année. Vainqueur de Tirreno-Adriatico, il décroche sa première classique depuis cinq ans sur le circuit Het Nieuwsblad. Il bat le champion du monde Peter Sagan au sprint après s’être échappé dans un groupe de cinq coureurs. Après quatre nouveaux top 10 sur des classiques et trois jours en jaune sur le Tour de France, Van Avermaet devient champion olympique à Rio. Arrivé aux Jeux en pleine bourre et sans pression, puisque son nom n’est pas évoqué parmi les favoris, il gagne après une stratégie de course aussi bien trouvée que le prénom de Makélélé. Sorti à plus de 70km de l’arrivée, le Belge anticipe parfaitement, sachant qu’il n’est pas au niveau des grands grimpeurs du peloton. Evitant les nombreuses chutes, il bat Rafal Majka (POL) et Jakob Fuglsang (DEN) dans un sprint à trois qui sera le point de départ d’une nouvelle carrière pour le Belge. Il termine 2016 en trombe en accrochant une deuxième place au GP de Québec et en remportant le GP de Montréal.

La suite s’est écrite lors de ces trois derniers mois. Vainqueur du Circuit Het Nieuwsblad, du GP E3, de Gand-Wevelgem et Paris-Roubaix, le Belge s’est offert quatre des neuf classiques flandriennes. Même en mangeant trois tablettes de chocolat noir Peter Sagan n’aurait pas été aussi écœuré. Par deux fois, le champion du monde s’est fait piéger par le champion olympique. Une première fois au sprint (Circuit Het Nieuwsblad) et une seconde fois sur une erreur personnelle qui a profité au Belge (Gand-Wevelgem). Ce dimanche dans le Nord de la France, le coureur BMC a démontré qu’il était devenu une vraie machine à gagner. Tombé et relégué à cinquante secondes des leaders, Van Avermaet ne s’est pas affolé pour revenir et remporter ce monument qui manquait à son palmarès.

Quelle histoire quand même

Il en a étonné plus d’un ça c’est sûr. Son titre olympique a été une sensation dans le monde du cyclisme car personne ne l’attendait à ce niveau là, tout comme on n’attendrait pas Froome aussi rapide que Phelps sur 200m papillon. Mais le plus surprenant dans cette histoire c’est le fait que Van Avermaet ait réussi à confirmer derrière, alors qu’il n’avait jamais rien gagné auparavant.

Gagner les JO peut-il avoir un impact aussi important sur un athlète ? Si je devais répondre je dirai que cela aide évidemment. Oui, gagner les Jeux peut être un déclic, surtout pour un cycliste qui n’arrive pas à finir le travail sur les courses d’un jour. Mais je pense aussi que toutes ces victoires accumulées par Van Avermaet sont dues à Peter Sagan. Tout le monde le sait, Sagan est le meilleur. En course, tout le monde surveille Sagan et cela laisse le champ libre à d’autres. Sagan et Van Avermaet ont le même niveau. La seule différence c’est que l’un porte le maillot de champion du monde et a un palmarès plein comme le frigo de Donald Trump, et l’autre a la réputation de loser. Sur Gand-Wevelgem, certes, Sagan commet une erreur en laissant filer Van Avermaet et Keukeleire. Mais les rôles de Sagan et Van Avermaet aurait été inversé, je peux vous assurer que Terpstra (NED) et Andersen (DEN) aurait pris le relais de Van Avermaet.

Cette image résume tout. Regardez Stuyven derrière Van Avermaet, il est tellement occupé par Sagan qu’il en oublie que le champion olympique est juste devant lui

Alors oui, Van Avermaet est très fort. Mais il quand même beaucoup profité de la réputation qui précède Peter Sagan. Cependant, maintenant tout le monde connaît Greg Van Avermaet. Le Belge aura donc un statut de favori et risque d’être surveillé un peu plus qu’auparavant. L’avenir nous dira si il est toujours aussi fort quand il est observé comme peut l’être Peter Sagan.

Supporter de L’OL en Ligue 1 et de l’ASM en Top 14. La deuxième place, c’est pour lui.

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