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Si Steven Spielberg avait débarqué chez moi hier en me donnant le synopsis de son prochain film intitulé « La remontada catalane », blockbuster à gros sous avec comme dénouement final un naufrage footballistique incroyable d’une valeureuse équipe parisienne prise d’assaut par des barcelonais remontés comme jamais, inscrivant trois buts dans les sept dernières minutes, je lui aurais répondu poliment mais sèchement « Oh, t’es bien sympa mon Steevy mais c’est pas parce que t’as fait les Dents de la Mer, E.T. ou Jurassic Park que tu peux faire n’importe quoi ».

L’impossible est arrivé. Paris est éliminé. PARIS EST É-LI-MI-NÉ. Bah putain.

 

Je trouvais que Paris montait en puissance depuis Noël. Que le Paris version Emery prenait forme. Qu’il détruisait les équipes du championnat français les unes après les autres. Qu’il ressemblait de plus en plus à une machine. Qu’il se trouvait des points communs avec celui de Blanc de l’année dernière, celui qui avait marché sur la Ligue 1. Que chaque joueur avait trouvé sa place. Que la patte Emery avait une influence de plus en plus importante sur le jeu parisien et l’efficacité, offensive comme défensive, était au rendez-vous avec des fessées alignées week-end après week-end. Mais voilà, la Ligue 1 ne regorge pas d’excellents effectifs et aligner les victoires face aux Lorient, Bastia et autres Nancy ne garantit pas un affrontement équilibré face au FC Barcelone, dont les hommes d’Emery avaient hérité pour les 8èmes de finale  de la Ligue des Champions. Le jour du tirage au sort, peu de monde aurait posé une pièce sur une qualification parisienne, moi le premier. A la fois car le Barca d’Enrique faisait peur mais aussi car la forme parisienne n’était pas celle attendue après plus de quatre mois de compétition. Mais deux mois plus tard, le soir de ce 14 février, date du match aller, les courbes de forme s’étaient inversées. Les barcelonais étaient en délicatesse en Liga tandis que les parisiens avaient mis la machine en route depuis le tirage. Mais le révélateur barca-psg-avant-le-match-paris-etait-deja-surclasse-psg-47,173384allait être ce match face au Barça. Celui qui allait confirmer ou infirmer (en partie) si l’arrivée d’Unai Emery en même temps que le départ de Laurent Blanc était judicieuse. L’entraineur basque avait été recruté par les dirigeants parisiens pour faire passer un cap européen aux parisiens qui stagnaient en Ligue des Champions et qui, pour les boss qataris, aspiraient à viser plus haut, au vu de l’argent investi depuis quelques saisons. Emery restait sur trois victoires en Ligue Europa avec Séville et devait apporter son expérience du haut niveau européen. En gros, Blanc arrivait à faire gagner son équipe en Ligue 1 mais ne passait pas le stade des quarts en Ligue des Champions. Emery devait remédier à cela et amener à plus ou moins long terme, ses hommes dans le dernier carré continental. Ce 14 février devait être un premier révélateur du travail effectué par Emery et de la crédibilité de son poste. Au moment du coup d’envoi, je me disais que Paris pouvait faire mal au Barça, qu’il pourrait l’embêter, le titiller. Qu’il y aurait match. Finalement, quatre-vingt dix minutes et deux coeurs avec les doigts d’Angel di Maria plus tard, match il n’y aura eu. Mais pas dans le sens attendu. On attendait l’efficacité de Suarez, la vista de Messi et les crochets de Neymar, on aura vu une MSN fantomatique, éclipsée par une attaque parisienne éblouissante, emmenée par un argentin aux oreilles aussi grandes que son talent.

Ça y est. Paris a sorti son grand coup. Éliminés par les gros poissons européens lors des dernières campagnes, les parisiens allaient sortir le Barça. Pas le grand Barça mais le Barça quand même. Paris venait de franchir un cap. Que dis-je c’est un cap ? C’est une péninsule. Au vu de la puissance développée par le PSG pendant 2 mois, confirmée par un très gros coup face aux barcelonais, on fantasmait sur une épopée française en Ligue des Champions. Après avoir sorti le Barça, Paris s’ouvrait les portes d’une belle histoire. Pourquoi pas un tirage clément en quarts comme les valeureux mais limités Foxes de Leicester ou des clubs comme Dortmund, Séville ou l’Atletico, certes de qualité mais à la portée des parisiens. Paris aurait alors pu se voir ouvrir les portes du dernier carré avec trois matchs à gagner pour soulever la coupe aux grandes oreilles (comme celles d’un bel argentin). En résumé, après avoir sorti le Barça, Paris pouvait rêver, rêver plus grand.

Pour s’ouvrir les portes du rêve, restait aux parisiens de négocier un match retour qui avait des grands airs de formalité. Gagner 1-5 au Vélodrome est sûrement plus compliqué que de ne pas prendre quatre buts du Barça. La machine parisienne n’avait pas besoin de gagner, même pas besoin d’un match nul. Il lui suffisait de ne pas en prendre quatre au Camp Nou ou de marquer pour forcer les blaugranas à en mettre six. Si le PSG n’est pas l’équipe la plus dominatrice offensivement, sa solidité défensive est une de ses forces et en prendre au moins quatre, même contre le Barça, n’était pas envisageable. De plus, les hommes d’Enrique devaient se découvrir et libérer des espaces dont 2048x1536-fit_parisiens-elimines-ligue-champions-apres-incroyable-defaite-6-1-pelouse-barca-8e-finale-retour-ligue-champions-8-mars-2017Lucas, Draxler et Cavani pourraient profiter et enfoncer les catalans en leur plantant un but qui enterrerait leurs derniers espoirs. Paris avait réalisé un grand coup. Il fallait conclure le travail, sereinement.

Mercredi 8 mars. Barcelone. Le coup d’envoi est donné à 20h45, devant 100 000 spectateurs prêts à tout pour voir leur club de toujours aller chercher l’exploit. Le mot exploit est même faible quant à la tâche ardue se présentant devant les onze blaugranas. Impossible. Dès l’engagement, le bloc parisien se positionne très bas et Barcelone passe à l’attaque. Les parisiens savent qu’ils souffriront pendant 90 minutes mais qu’ils avaient 9 doigts de pied en quarts. A la mi-temps, les hommes d’Emery sont menés 2-0 sur deux boulettes défensives. Paris s’est tiré deux balles tout seul et a maintenant tout un peuple et onze joueurs qui commencent à croire à l’incroyable. Emery passe une gueulante à ses joueurs, inquiets à la pause. Ces derniers reviennent avec de meilleures intentions mais Meunier parvient à réaliser l’exploit de provoquer un penalty en faisant trébucher Neymar sur sa tête. Messi transforme et il reste 40 minutes et un petit but à marquer pour réduire à néant l’avance prise par les parisiens trois semaines plus tôt. A ce moment, un but francilien enverrait les hommes d’Emery un peu plus près des quarts. Et ce but de la délivrance arrivera à la 62ème par l’intermédiaire d’une chouche d’Edi Cavani envoyée dans la lulu de Ter Stegen. Le Camp Nou est refroidi tandis que la qualif’ chauffe. 25 minutes passeront. Jusqu’à la 87ème. Barcelone doit marquer trois buts, Barcelone est donc éliminé quoi. Personne n’y croit, pas même certains joueurs blaugranas. La cote d’une qualification barcelonaise est à 100 contre 1. Il faut en mettre 3 en 7 minutes. HA-HA-HA. Im-po-ssible. Barcelone en mettra 3 en 7 minutes.

La déroute, la débandade, l’écroulement, la JS122863774_Getty-Images-Europe_FC-Barcelona-v-Paris-Saint-Germain-UEFA-Champions-League-Round-large_trans_NvBQzQNjv4BqqVzuuqpFlyLIwiB6NTmJwZ_d2gJnLGFVBaEhcbHfaHkdébâcle, l’humiliation. Incroyable, inconcevable, rocambolesque, sensationnel, inouï, inacceptable. En tout cas incompréhensible. Les mots manquent pour qualifier ce qui vient de se passer.  Paris a perdu. Paris n’est pas qualifié pour les quarts de finale de la Ligue des Champions. Paris à réussi l’exploit de ne pas se qualifier pour les quarts. Alors certes, Paris n’était pas favori avant cette double confrontation. Certes, Paris affrontait un cador européen. Certes, l’arbitrage est discutable. Certes, la MSN est peut-être la meilleure attaque de l’histoire de ce sport. Certes, Lionel Messi est le meilleur joueur du monde et l’un des meilleurs de l’histoire. Mais non. Nooooon. Il était impossible de faire ce qu’ont fait les parisiens. Mais ils l’ont fait. Un revers traumatisant. Paris s’en remettra car Paris est grand. Mais Paris a été plus que minuscule mercredi dernier. Et les parisiens ne peuvent s’en prendre qu’à eux. Cette humiliation remet tout le projet parisien en cause. Quid d’Unai Emery, signé pour passer un cap européen et finalement éliminé en 8èmes alors que ses prédécesseurs ont amené Paris au moins en quarts ? Quid de l’avenir de Nasser Al-Khelaïfi, dont la crédibilité en pris un gros coup ? Quid de Marco Verratti et Edinson Cavani qui méritent tellement mieux qu’un club éliminé en 8èmes de finale de Ligue des Champions ? Quid de l’image parisienne donnée à l’Europe entière, qui viendra ternir la crédibilité du projet et freinera à coup sûr des joueurs qui viseraient un titre continental ?

Paris a chuté. Paris a été humilié. L’avenir s’annonce mouvementé dans la capitale. Car au delà d’une simple élimination en 8èmes de finale de Ligue des Champions, le projet parisien a été secoué dans tout son ensemble, remettant en cause un travail de longue haleine depuis l’arrivée des dirigeants dont l’investissement tarde à porter ses fruits en Europe. Més que un défaite.

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

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