Serait-ce vraiment une fierté de gagner la Coupe Davis ?

Ce week-end, en marge des demi-finales de la Coupe Davis, l’équipe de France recevra l’Espagne au stade Pierre-Mauroy de Lille. Avec le forfait de Rafael Nadal, les Bleus partiront favoris. Cependant, on est en droit de s’interroger. Que vaut vraiment cette Coupe Davis ? La remporter s’apparenterait-il à une si bonne nouvelle que ça pour le tennis français ? Eléments de réponse.

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Une compétition qui perd de sa superbe

Il y a encore quelques années, tous les grands noms du tennis mondial venait fièrement et fidèlement représenter leur pays en Coupe Davis. Seulement voilà, une fois gagnée, la Coupe Davis, n’apportant pas de points au classement ATP, est sacrifiée par la plupart des gros poissons qui préfèrent se concentrer sur leur saison personnelle. Rien que cette année, on note les absences de Djokovic, Federer, Dimitrov et Del Potro pour ne citer qu’eux. Pour les autres, la plupart ne vient donner un coup de main qu’à partir des quarts de finale, à l’image de Rafael Nadal. qui n’a disputé son premier match qu’à partir des quarts face à l’Allemagne.

Symbole de ce désamour de la Coupe Davis, la récente réforme qui a considérablement réduit la place de la Coupe Davis dans le calendrier. Au lieu de la dispatcher sur plusieurs week-end, elle se jouera désormais sur une seule petite semaine. Un format beaucoup moins encombrant qui permettra néanmoins de réunir le gratin du tennis mondial. Signe aussi de la baisse du niveau de la Coupe Davis : sur les deux dernières équipes gagnantes, aucune ne possédait de joueur dans les dix premiers mondiaux. Un triste constat qui pourrait bien se renouveler cette année puisque trois des quatre équipes en demi n’aligneront pas de joueur du top 10 mondial ce week-end.

Un parcours franchement facile pour les Bleus

Cette saison encore, l’équipe de France a profité d’une partie de tableau extrêmement favorable. Le tenant du titre a affronté les Pays-Bas avant de se frotter à l’Italie, des adversaires à chaque fois très abordables. Face aux Pays-Bas, le joueur numéro 2, Thiemo De Bakker, se localisait au delà de la 350ème place mondiale. Contre l’Italie, le deuxième meilleur joueur faisait déjà un peu plus rêver puisque Andreas Seppi se classait 62ème mondial. Pas fameux tout de même. Les leaders et chefs de file des deux challengers des Bleus ne sont pas dingues non plus. On a eu le droit à Robin Haase, le genre de gars qui gagne le tournoi de Digne-les-Bains en battant cinq français en cinq matchs, ainsi qu’au colérique Fabio Fognini. Heureusement qu’on est passé parce qu’à chaque fois, c’était comparable à Gijón et Valladolid. De quoi renforcer l’idée que la Coupe Davis vieillit mal.

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Visiblement la chatte à Yannick existe aussi. Privée de Nadal, les Espagnols se présenteront donc considérablement affaiblis. Imaginez Kylian M’Bappé avec une seule jambe. Sans le numéro un mondial, c’est Pablo Carreno Busta qui emmènera la Roja du tennis. Sauf que le 21ème mondial reste sur un abandon au deuxième tour de l’US Open et son état physique pose question. La forme ne semble pas au rendez-vous non plus pour Bautista Agut qui sort d’une élimination au premier tour du Grand Chelem américain. Idem pour Granollers, Feliciano Lopez et Albert Ramos. En bref, c’est de nouveau une belle bande de vainqueurs qui arrive en France.

Une satisfaction au vu du niveau de notre tennis tricolore

Le tennis masculin français va mal. Cette année fût catastrophique avec l’incroyable record daté de 1980 : 0 Frenchies en quart de Grand Chelem. Désormais, plus aucun Français ne fait partie de l’élite du tennis mondial. Tricolore le mieux placé au classement ATP, Lucas Pouille n’est que 19ème mondial. Le niveau faiblard de nos Français doit donc nous pousser à nous contenter d’une Coupe Davis. Disons que cette compétition réunit quand même de bons joueurs de tennis, pas les meilleurs, mais de très bons. Illustration parfaite avec Marin Cilic qui, ne l’oublions pas, possède un Grand Chelem dans son armoire à trophée.

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Par conséquent, si les Bleus venaient à remporter la Coupe Davis, on pourrait se dire que la France est l’équipe qui possède les meilleurs seconds couteaux de la petite balle jaune. On s’en satisferait amplement car, actuellement, il semble impossible de rêver à des victoires plus prestigieuses. L’année du tennis français n’en serait pas sauf pour autant mais au moins, les Frenchies auront gagné quelque chose. Mieux vaut cela que rien non ?

Imaginons le scénario inverse. Dans le cas où la France ne remporterait pas la Coupe Davis, cela ne changerait pas grand chose non plus. Comme nous l’avons dit, une Coupe Davis ne sauverait pas la saison du tennis masculin français. Alors pourquoi la coulerait-elle encore plus ? Nous sommes déjà si bas…

Supporter de L’OL en Ligue 1 et de l’ASM en Top 14. La deuxième place, c’est pour lui.

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