Les raisons de la colère

Classé à une triste 18ème en Ligue 1 derrière Troyes, Amiens ou Dijon, le LOSC de Marcelo Bielsa n’y arrive pas. Mais alors vraiment pas. A qui la faute ? Un manque d’expérience ? Un coach en perdition ? Une confiance au fin fond des chaussettes ? Décryptage d’un début de naufrage.

Un casting décevant

Edgar Ié, Thiago Mendes, Luiz Araujo, Ezequiel Ponce… Ces noms ne sont pas ceux de l’équipe vénézuélienne de water-polo, ni ceux du casting de la série Un, Dos, Tres. Non, il s’agit bien là d’une partie des joueurs recrutés par le LOSC cet été. Six ans après le titre en Ligue 1, Gerard Lopez et ses poches pleines de billets verts, ont débarqué dans le Nord pour redonner des couleurs à des Dogues en plein désert. L’espoir était de rigueur il y a quelques mois, et il y avait de quoi. Près de 60 millions investis sur le marché des transferts, des petites pépites sud-américaines à fort potentiel qui débarquent dans la fraicheur lilloise, un nouveau coach mythique et réputé, une direction stable et solide, un stade récent, idéal pour recevoir les cadors du championnat en duel. Mais pour qu’il y ait duel de cadors, il faut qu’il y ait deux cadors. Et deux mois et sept journées plus tard, le LOSC s’apparente plus à une bonne équipe de CFA qu’à une fleurissante équipe luttant pour les places européennes. Marcelo Bielsa s’étant muté en Raymond Domenech du pauvre, attirant les foudres des observateurs à chaque décision tactique (Thiago Maia repositionné en latéral gauche par exemple).

La faute à qui ?

Lopez, Bielsa, Ingla, les joueurs… Nombreux sont ceux qui peuvent être considérés comme responsable du fiasco lillois. Il semble évident que chacun de ceux là a fauté et que pas grand monde est irréprochable au sein du club, mis à part peut-être le nutritionniste ou l’électricien. S’il fallait définir une raison majeure de l’échec en ce début de saison, on ciblerait le recrutement. Sur le papier, c’était alléchant et les joueurs signés seront peut-être un jour dans la course au Ballon d’Or. Mais aujourd’hui, après sept journées et deux points empochés sur les six derniers matchs, ce qui manque au LOSC, c’est le talent. Les joueurs sont tout simplement mauvais. Nicolas Pépé est le fantôme de l’étincelant ailier qu’il était l’an dernier à Angers où il cassait des reins comme Yannick Cahuzac casse des tibias. Luiz Araujo n’arrive rien à faire. Ezequiel Ponce ne ressemble pas à un joueur de football. Kouamé prend l’eau sur chaque percée de l’ailier droit adverse. Maignan, Ié, Bissouma et Amadou sauvent les meubles. Thiago Maia n’a pas réussi une belle chose depuis qu’il a atterri à l’aéroport lillois. Ce LOSC là est mauvais et ne doit sa place de barragiste provisoire qu’à son manque de talent. On imagine bien que Lille n’a pas posé 60 patates sur la table pour des joueurs en mousse mais on attend de voir les pépites se développer pour que les supporters nordistes ressentent une once de plaisir en voyant leur équipe jouer. Les promesses semées lors de l’arrivée des nouveaux investisseurs prennent leur temps pour éclore mais seules sept matches ont été joués et Lille a neuf mois pour prouver que ce début de saison n’est qu’un accident de parcours. Il n’y a pas le feu au lac mais l’étang commence à tiédir.

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

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