Le premier jour du reste de notre vie

Ce soir, l’équipe de France affronte l’Allemagne dans le cadre de la nouvelle Ligue des Nations. Outre l’excitation de la découverte d’une compétition toute neuve, cette rencontre sera l’occasion de voir pour la première fois les Bleus revêtir leur costume de champions du monde. Depuis le 15 juillet dernier et particulièrement à partir de ce soir, rien ne sera plus jamais pareil pour les 23 joueurs sacrés en Russie.

Nouveau look pour une nouvelle vie

A partir d’aujourd’hui, les soirées étoilées de l’équipe de France de football s’écriront au pluriel. Les hommes de Didier Deschamps afficheront pour la première fois leur deuxième astre sur le torse, symbole du sacre moscovite d’il y a un mois et demi. Au delà d’un changement de maillot, le titre offre forcément un statut différent aux Bleus, désormais vus comme les hommes à battre. Le prestige de battre le champion du monde rajoute de la saveur à une victoire. Une évolution qui ne doit pas faire peur aux joueurs selon Deschamps : « C’est plutôt quelque chose de positif et d’agréable. Ca ne doit pas être une pression quelconque. On ne va pas se plaindre d’être champion du monde ». Coach Didier n’a pas tort. Si les adversaires des tricolores arriveront avec la bave aux lèvres pour faire tomber l’ogre français, les 23 bleus sacrés pourraient jouir d’une confiance logique et signifiante en pénétrant sur les différentes pelouses foulées pendant les prochains mois.

Mais si le couronnement russe peut en exciter plus d’un, attention à la chute. En effet, les saisons post Coupe du Monde sont parfois délicates. Fernando Torres n’est jamais vraiment redevenu celui qu’il était après la victoire espagnole de 2010. Mario Gotze, jeune héros allemand en 2014 a accumulé 17 blessures en 4 ans alors que son destin semblait s’écrire en lettres d’or au lendemain d’un Mondial brillant. En conférence de presse, Deschamps a évoqué l’après 98 : « Ca n’a pas été facile. La saison et les mois qui ont suivi, ça a été un peu laborieux ».

Le relâchement ne concernera pas tout le monde mais mentalement, il est difficile de passer du toit du monde à un vulgaire match hivernal contre Nîmes (malgré tout le respect octroyé aux vaillants Crocos). « Quand on connait un tel sacre, avec une saison longue, certains connaitront un petit trou, estime Deschamps. Ca reste des êtres humains et ils peuvent être moins bons par moments. » Outre l’aspect psychologique, la fatigue accumulée ces derniers mois additionnée à une coupure très courte, bien plus courte que la tienne, jeune collégien, qui a pu partir deux mois et demi dans la maison provençale de tes grands-parents, peuvent justifier un trou d’air. Il ne serait alors pas étonnant de voir des joueurs comme Antoine Griezmann, Kylian Mbappé ou Paul Pogba, particulièrement responsabilisés en Russie et en club, éprouver le besoin de souffler à un moment ou un autre dans la saison.

La ligue des Nations en apéritif

Pour inaugurer leur nouvelle tunique, les Bleus se déplacent à Munich pour y affronter une Mannschaft au fond du trou. Derniers de leur poule à la Coupe du monde (notamment derrière le Mexique et la Corée du Sud…), les Allemands ont sombré de l’autre côté de l’Oural et se doivent de réagir rapidement. Une page s’est tournée avec les départs de Mesut Ozil et Mario Gomez à la retraite notamment. Le contingent allemand est toujours très talentueux et c’est au tour des Leroy Sané, Leon Goretzka ou Julian Brandt de prendre les rênes de la sélection. 

Malgré la chute des allemands et le sacre des français en Russie, l’affiche de ce soir reste un sommet du foot européen. Une rencontre idéale pour ouvrir la Ligue des Nations, nouvelle compétition imaginée par Michel Platini, pour pimenter les matchs amicaux, qui ne présentaient pas suffisamment d’intérêt aux yeux du grand public. 55 pays y sont engagés, tous répartis en 4 ligues de niveaux. Les meilleures nations s’affrontent dans la Ligue A tandis que les plus faibles disputent la Ligue D. Dans ces ligues, 4 groupes sont composés. A l’issue des rencontres, le premier du groupe monte dans la ligue supérieure tandis que le dernier descend d’un cran. Une ligue à l’image des montantes-descendantes du collège, où le brave Quentin, légèrement en surpoids passait ses jeudis après midi à la table du fond. L’attrait principal de cette Ligue des Nations réside en la possibilité d’une qualification directe pour l’Euro 2020. Les 4 vainqueurs des ligues composteront leur ticket pour le championnat d’Europe.

 

 

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

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