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Pendant que Damian Lillard se dépouille pour emmener ses Blazers en playoffs, que Russell Westbrook s’arrache pour faire grimper son Thunder dans le top 4 de la conférence Ouest ou que Isaiah Thomas monte sur ses grands chevaux pour déloger les indétrônables Cavaliers de LeBron James de la tête de la conférence Est, une irréductible franchise aux belles couleurs que sont l’orange et le mauve résiste encore et toujours à la tentation de gagner. Dans l’Arizona, tous les moyens sont bons pour perdre.

Un haut choix de draft comme objectif

Les joies de la NBA. Alors que la majorité des équipes se battent âprement pour leur place en playoffs, certaines luttent pour une cause bien différente. Dans la dernière ligne droite de la la guerre pour les huit premiers spots, elles sont d’ores et déjà condamnées à être en vacances dans un peu plus de deux semaines et perdre un maximum de matchs pour obtenir un choix de draft élevé et sélectionner un prospect qui aura la lourde responsabilité de porter l’espoir d’un projet sur ses épaules lors des prochaines saisons. Si les Nets, Lakers et Knicks ont déjà démarré l’opération tanking (action de perdre intentionnellement) depuis quelques temps, l’exemple le plus criant est celui des Suns, qui ne font plus jouer trois cadres en bonne santé. Le ridicule de tue visiblementpi-nba-suns-brandon-knight-tyson-chandler-eric-bledsoe-101315.vresize.1200.675.high.55 pas dans l’Arizona. La saison est terminée depuis quelques matchs pour Brandon Knight, Eric Bledsoe et Tyson Chandler. Une blessure ? Non. Juste une franchise qui veut perdre. Quel bonheur pour un joueur professionnel de se voir priver de 20% de la saison alors qu’il est en bonne santé.

Pendant que Brooklyn, L.A. ou New York enchainent les défaites mais en conservant des temps de jeux similaires au reste de la saison régulière pour ses cadres, Phoenix ne fait pas l’effort de se cacher et fait jouer les fonds de placard. La lourde défaite cette nuit face aux Nets, adversaires directs dans la course à la nullité, en est une preuve criante. A l’entre deux, les Suns alignaient Tyler Ulis, 21 ans, Devin Booker, 20 ans, Derrick Jones Jr, 20 ans, Marquese Chriss, 19 ans et le papy Alex Len, 23 ans. Il s’agit tout simplement du plus jeune cinq de départ de l’histoire de la NBA. Rien que ça. Si certains parlent de pari de la jeunesse, nous opterons pour le pari de la défaite à l’extrême. Car même si Derrick Jones Jr claque de gros dunks, est sympathique à souhait et a une belle coupe de cheveux, il tourne à 3,5 points, 1,6 rebond et 0,3 passe. Plutôt léger pour un starter NBA. A part Devin Booker, aucun joueur de ce cinq de départ ne tourne à plus de points par match cette saison. Alors oui, Phoenix fait progresser ses jeunes pousses mais les Suns mettent surtout toutes les chances de leur côté pour perdre un maximum de rencontres.

Les Lakers dans le viseur

Actuellement avant-derniers de la conférence Ouest et troisième pire équipe de la ligue, les Suns n’ont gagné que 22 fois cette saison. Il leur reste dix matchs pour encore perdre des places et si les Nets sont intouchables avec seulement 15 victoires, les Lakers et leur statut de cancre de la West Coast paraissent atteignables mais Phoenix ne les affrontera pas et les Angelinos n’ont qu’à tout perdre pour assurer leur dernière place. Si les Suns venaient échouer à seulement deux victoires, ils pourraient regretter leur victoire de quatre petits points (119-115) au Staples Center le 9 décembre.

Si la course à la défaite permet, à court terme, de drafter un prospect plus talentueux, habituer ses jeunes à perdre n’est pas forcément une direction saine pour une franchise. De plus, si Phoenix comptait attirer un, voire plus, gros free agents cet été, la viabilité du projet en prend un coup.

 

Quel joueur majeur dPHOENIX, AZ - DECEMBER 15: The Phoenix Suns host the San Antonio Spurs on December 15, 2016, at Talking Stick Resort Arena in Phoenix, Arizona. NOTE TO USER: User expressly acknowledges and agrees that, by downloading and or using this Photograph, user is consenting to the terms and conditions of the Getty Images License Agreement. Mandatory Copyright Notice: Copyright 2016 NBAE (Photo by Barry Gossage/NBAE via Getty Images)e la ligue viendrait s’enterrer dans une équipe qui certes à de l’avenir avec des jeunes prometteurs mais qui ne gagne pas et n’espère pas gagner ? Prenons l’exemple des Sixers, qui sont une référence en matière de tanking mais qui ont décidé de jouer tous les matchs à fond en cette fin de saison sans espoir de playoffs et avec un effectif de piètre qualité. Les hommes de Brett Brown travaillent pour la saison prochaine et s’habituent à gagner. L’an prochain, avec les retours de Simmons et Embiid et la draft d’un joueur prometteur, les Sixers peuvent viser plus haut et sortir de l’enfer dans lequel ils vivent depuis trop de saisons. En plus, un free agent pourrait être attiré par le projet de Philadelphia, qui possède une base jeune et talentueuse et des ambitions plus hautes que d’autres équipes aussi bien classées qu’elle.

Le projet des Suns, le plus poussé à l’extrême cette saison en matière de tanking, portera peut-être un jour ses fruits mais l’assurance de beaux jours est loin d’être là dans l’Arizona. En tout cas, il est peu réjouissant de voir jouer des équipes qui visent la défaite pour tout fan NBA et le système de la ligue américaine pourrait subir un lifting dans les années à venir pour éviter de telles déconvenues à l’aube des playoffs. Pourquoi ne pas mettre, le soir de la draft, toutes les équipes NBA non qualifiées en playoffs, dans le même panier, avec le même nombre de chances d’obtenir le premier choix, pour que l’incitation à la défaite, voulue par le système actuel, disparaisse ?

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

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