Paris, favori en danger

Nous y sommes. Dans quelques heures, le Paris Saint-Germain entamera vraiment sa saison. Sans Neymar, Edinson Cavani ni Thomas Meunier, le club de la capitale affronte ce soir Manchester United à Old Trafford en huitièmes de finale aller de la Ligue des Champions. Depuis quelques semaines et le départ de José Mourinho, les Red Devils apparaissent jour après jour comme un tirage idéal devenu épouvantable. Gardons confiance.

L’heure des braves

Un été marqué par plus de 100 millions d’euros de ventes, un nouveau coach convaincant, une phase aller de Ligue 1 remarquable, un feuilleton Rabiot douloureux, des matchs de poules de Ligue des Champions tendus avec un dénouement heureux et enfin un mercato hivernal où seul Leandro Paredes est venu renforcer un milieu de terrain blafard. La saison du Paris Saint-Germain, pour l’instant faite de (très) hauts et de quelques bas, commence réellement aujourd’hui. En championnat, le PSG ne boxe pas dans la même catégorie que les autres, en témoigne ses 10 points d’avance sur la concurrence avec deux matchs disputés en moins. Il fait peu de toute que Paris sera sacré champion de France en juin. Mais Neymar n’a pas quitté le FC Barcelone pour taper des vulgaires guingampais ou toulousains. Lui et Kylian Mbappé ont signé il y a un an et demi avec des étoiles européennes dans les yeux. Avec le doux rêve de soulever la coupe aux grandes oreilles dans les années à venir.

Blessé ce soir, le Brésilien regardera ce choc devant un écran. Ce fut déjà le cas l’année dernière où Paris était tombé face à un roc madrilène. Incapable de faire tremblotter le Real, Paname était sorti par la petite porte avec la sensation de ne pas pouvoir s’immiscer à la table des adultes. Un an plus tard, la situation est différente. D’abord, le PSG a grandi et semble plus fort qu’il y a douze mois. La patte Tuchel séduit. Mbappé a grandi, Marquinhos a appris un nouveau poste, les couloirs se sont renforcés avec les arrivées de Kherer et Bernat. Avant leurs récentes blessures, Neymar et Cavani semblaient mieux se trouver. A part sur les deux dernières semaines et l’élimination en Coupe de la Ligue, Paris réalise une saison délicieuse.

La mue de MU

Au niveau de son adversaire en huitièmes, la situation n’est pas la même non plus. Même si elle présente des points communs. Comme le Real l’année dernière, Manchester United était bien pâle au moment du tirage au sort mi-décembre. Comme le Real, l’équipe a trouvé un nouvel élan. La métamorphose mancunienne est plus impressionnante que le souffle nouveau insufflé par Zizou aux merengue l’année dernière. José Mourniho a pris la porte avant les fêtes, remplacé par l’intérimaire Ole Gunnar Solskjær. Un intérimaire qui pourrait rester bien plus longtemps que prévu au vu de la dynamique fabuleuse au sein de laquelle Man U plane depuis bientôt deux mois. Sous ses ordres, United a remporté dix des onze matchs disputés et effectue une remontée impressionnante en Premier League, pointant actuellement à une inespérée 4e place. Dans le jeu, les joueurs paraissent avoir retrouvé le sourire. Marcus Rashford plante, Anthony Martial reprend confiance, David De Gea est infranchissable. Surtout, Paul est redevenu Pogba. Le milieu de terrain français s’impose depuis deux mois comme l’un des meilleurs joueurs du monde, claquant 8 buts et donnant 5 caviars en 9 rencontres disputées sous Solskjær. Placé plus haut sur le terrain, avec plus de liberté, Pogba rayonne et exprime ses qualités à la fois techniques et physiques à merveille. A coup sûr, il sera le danger numéro 1 ce soir pour Paris.

Sauf que Man U reste Man U. Et, malgré la métamorphose du jeu et l’élan positif insufflé par leur nouvel entraineur, les Red Devils gardent des points faibles. La défense, composée probablement ce soir de Luke Shaw, Phil Jones, Victor Lindelöf et Ashley Young, laissera des espaces dans lesquels les joueurs offensifs parisiens se feront un plaisir de s’infiltrer. Paris est favori par la qualité d’un effectif qui reste supérieur à celui de United. Si le déplacement à Old Trafford ce soir risque d’être relativement serré et que le PSG n’aura probablement pas sa qualification assurée au terme du match aller, il doit l’emporter sur la confrontation. Le club de la capitale a aussi le précieux avantage de recevoir au Parc des Princes pour le match retour, une donnée essentielle. Paris est évidemment bien moins favori qu’il y a deux mois, au moment du tirage. Mais se faire sortir à nouveau en huitièmes de Ligue des Champions, même par ce Manchester là, serait un terrible échec pour un club aux ambitions si colossales.

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *