Paris était au dessus

Hier soir, le Paris-Saint-Germain a décroché un magnifique succès en huitième de finale aller de la Ligue des Champions. A Old Trafford, les Parisiens ont battu Manchester United 2-0. Antisèche d’un match que le club de la capitale a parfaitement maîtrisé.

Manchester s’est auto-étouffé

Avant cette rencontre, Manchester restait sur une série de dix victoires et un nul. Emmenés par un Pogba en feu, les Mancuniens espéraient, à juste titre, faire un gros coup face au champion de France. Très agressifs et très hauts d’entrée, les hommes de Solskjaer ont effectué un pressing terrible sur le bloc parisien. Un pressing qui s’est avéré inutile quand on pense au nombre quasi inexistant de ballons récupérés par les Red Devils dans le camp parisien. Egalement déjouée par le jeu en une touche de balle du PSG pour se sortir de situations potentiellement dangereuses, la pression anglaise n’aura contribué à rien si ce n’est s’auto-fatiguer.

Au terme d’une première mi-temps monotone, United s’est vu obligé de sortir deux joueurs sur blessures (Martial et Lingard). Des blessures qui découlent à coup sûr de la trop grosse débauche d’efforts des Mancuniens. Incapables de se retrouver un second souffle, ils ont vu Paris se réveiller et ajuster les imprécisions de la première période en seconde période.

Une précision qui est notamment passée par un Angel Di Maria monstrueux. Sur un délicieux corner au second poteau, l’Argentin a trouvé Kimpembe pour l’ouverture du score du PSG (0-1 ; 53e). Kimpembe qui, au passage, a profité d’un Matic extrêmement attentiste et plus généralement d’une défense adverse qui a connu un sursaut de concentration pendant le quart d’heure qui a suivi le retour des vestiaires. Un sursaut dont Mbappé a profité à son tour quelques instants plus tard. Alors que United se ruait à l’attaque, Di Maria a été trouvé dans le dos de Young dans le couloir gauche et a idéalement centré pour le natif de Bondy qui a fini le travail d’un ingénieux plat du pied croisé (0-2 ; 57e). Derrière, on a pu admirer la solidité défensive du PSG qui aurait même pu enfoncer le clou avec un troisième but en contre-attaque.

Une défense impériale, un milieu royal et une attaque sur un nuage

Buffon n’aura été sollicité qu’à deux reprises lors de toute la rencontre. Ce fût très tôt dans le match, sur une frappe venue d’ailleurs de Marcus Rashford (8e), puis sur un centre à ras de terre de Pogba consécutif à un incroyable numéro du milieu de terrain tricolore (16e). Une prestation qui se résume uniquement à ces deux interventions. Hormis un rhume, le gardien italien n’a en effet plus rien attrapé, la faute à une défense qui n’a laissé passer personne. Solide dans les airs, la paire Silva-Kimpembe était à la réception de tous les centres, au plus grand désarroi des attaquants anglais. Dure sur l’homme, la charnière parisienne a répondu présente dans les duels, apportant une certaine sérénité au sein de l’équipe parisienne. Même la vitesse de Martial, Lingard et Rashford n’a pas eu l’impact espéré. Kehrer a tenu son côté droit en patron tandis que Bernat a été sérieux, même si il a souvent payé ses efforts offensifs. La plupart des centres mancuniens sont essentiellement venus de son côté. Heureusement pour l’Espagnol, ses deux défenseurs centraux ont tenu la baraque quand cela fut nécessaire. Offensivement, il a été décisif, lançant notamment Di Maria dans la profondeur sur le deuxième but parisien.

Au milieu, Verratti a fait oublier le fantôme qu’il est depuis le début de la saison. Partout sur le terrain, l’Italien a aéré le jeu parisien en cassant souvent la première ligne mancunienne. Au côté de Marquinhos, il a réalisé son match le plus abouti de la saison au meilleur des moments. Défensivement, Verratti a aussi réalisé un abattage terrible, se jetant dans les pieds anglais avec une réussite au tacle incroyable. A ses côtés, Marquinhos a également brillé de mille feux. Face à un Paul Pogba très remuant en début de rencontre, il a su contenir le Français dans un marquage à la culotte qui a éteint le meneur des Red Devils.

Et puis, comment ne pas parler de l’incroyable performance d’Angel Di Maria ? Avec deux passes décisives, l’Argentin a rayonné de par ses dribbles et la précision de ses transmissions. Il aurait d’ailleurs pu élever son total d’assists à trois si Mbappé n’avait pas vendangé un face-à-face avec De Gea. Il avait la lourde tache de faire oublier l’absence de Neymar. Sûrement poussé par les sifflets de ses anciens supporters, il s’est montré sous un de ses meilleurs jours depuis le début de la saison, remplissant parfaitement sa mission. Ses dédoublements avec Bernat ont aussi offert au club de la capitale de multiples situations dangereuses. Le côté gauche a d’ailleurs clairement été ciblé par Tuchel. Etant donné le faible apport offensif de Kehrer à droite, ce choix s’est avéré judicieux et payant.

Un côté droit que Alves a d’ailleurs très bien négocié tout seul. A 35 ans, le Brésilien a détalé comme un lapin pendant quatre-vingt-dix minutes. D’une magnifique reprise de volée, il a bien failli ponctuer son match d’un bijou (55e). Sa qualité de centre a été une source constante de danger. C’est d’ailleurs lui qui a déposé le ballon sur la tête de Mbappé lors du premier arrêt de De Gea (52e). Un Mbappé qui n’a pas toujours été en réussite. Le Français est tombé sur un De Gea qui a su limiter les dégâts, notamment grâce à une main ferme sur un petit piqué du champion du monde (63e). Sa pointe de vitesse lui a permis de créer des différences. Sa position isolée à la pointe de l’attaque l’a cependant empêché de toucher beaucoup de ballons. A l’image du prodige français, Draxler a touché un nombre limité de ballon. Propre comme une chemise tout juste repassée, l’ancien champion du monde a néanmoins apporté de la fluidité dans le jeu parisien, perdant très peu de ballons. Sa qualité de passe a accéléré le jeu des Champions de France en titre et leur a offert des décalages intéressants.

Un pied et demi en quart de finale

Le PSG a réalisé un petit exploit. Première équipe de l’histoire à faire chuter Manchester United de deux buts en Coupe d’Europe, le Champion de France a délivré une très bonne prestation. On ne peut pas dire que c’était du grand PSG. Rien à voir par exemple avec le 4-0 contre le Barça. En difficulté dans le première acte, Paris n’aura eu besoin que d’une vingtaine de minutes pour faire le break et s’assurer des prochaines semaines sans stress. Car oui, à partir de la 70ème minute, Paris est passé en mode gestion. Difficile donc de parler de match référence. On retiendra surtout que Paris ne boxe pas dans la même catégorie que Manchester. C’est déjà bien.

Le 6 mars, les deux équipes se retrouveront pour le match retour au Parc des Princes. Avec 100% de chance de se qualifier, les hommes de Tuchel devraient aborder sereinement cet affrontement. On voit mal une remontada se reproduire, surtout que les Red Devils ont perdu Paul Pogba après un carton rouge en fin de match. Un seul mot d’ordre pour les Parisiens « Faites pas les cons et ce sera bon »…Et maintenant, allez Rennes, allez Lyon…

Supporter de L’OL en Ligue 1 et de l’ASM en Top 14. La deuxième place, c’est pour lui.

1 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *