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5 Juin 2016. Novak Djokovic, alors n°1 mondial, dispose du britannique Andy Murray en 4 sets en finale de Roland Garros et remporte ainsi le dernier titre du Grand Chelem manquant à son formidable palmarès. Il réalise aussi au passage un historique Grand Chelem à cheval sur deux saisons et devient le premier tennisman à détenir simultanément les quatre titres majeurs depuis Rod Laver en 1969, à une époque où le tennis mondial était à des années lumières de son niveau actuel. Peu nombreux sont alors ceux à se douter que le serbe vient d’entamer ce qui est peut être sa pire période depuis son éclosion au plus haut niveau, symbolisée par ses défaites prématurées à répétition en Grand Chelem, ou encore tout récemment sa nouvelle déconvenue lors du tournoi de Dubaï où il vient de s’incliner face à une des stars montantes du circuit ATP, le fantasque et non moins talentueux Nick Kyrgios. Retour sur ces derniers mois très compliqués pour le Djoker.

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Une deuxième partie de saison 2016 chaotique

A la suite de son sacre parisien, Nole ressent le besoin de souffler et décide de ne pas rejouer de matchs officiels avant Wimbledon, faisant ainsi le choix de passer sans préavis de la terre battue de Porte d’Auteil au gazon londonien. Si le serbe est un habitué de cet enchainement, il ne sera pas, en cet été 2016, un choix payant puisqu’il devra laisser sa couronne dès le troisième tour face à l’américain Sam Querrey qui n’a pourtant rien d’un foudre de guerre. Cette défaite fait l’effet d’un tremblement de terre : Djoko voit s’envoler ses rêves de Grand Chelem sur une année calendaire et bon nombre de séries impressionnantes prendre fin. Il venait ainsi d’enquiller 4 victoires, 6 finales et 28 quarts de finale consécutifs en Grand Chelem, des chiffres plutôt solides et qui le placent au rang de bon nombres de légendes du jeu. Mais voilà, ce jour là, la machine s’est enrayée et depuis, rien ne va plus ou presque pour celui qui semblait au sommet de son art quelques semaines auparavant.

Dans la foulée de cet échec londonien, celui qui trône encore au sommet du classement avec une marge aussi grande que Kendrick Perkins est gros va néanmoins retrouver le chemin de la victoire en s’imposant lors du Master 1000 de Toronto. On pense alors le monstre relancé à la conquête de nouveaux titres mais la chute n’en sera que plus grande et l’atterrissage plus violent. En effet, alors qu’il avait fait de cette article-1347344638696-14f2cadd000005dc-427887_466x310compétition l’une des priorités de sa saison si ce n’est LA priorité de son année, Nole va s’incliner au premier tour des J.O. face au revenant argentin aux poignets en cristal Juan Martin Del Potro (Jean Martin De La Poutre pour les intimes). Il quittera Rio les yeux embués de larmes et le moral dans les chaussettes. Il éprouve alors le besoin physique et mental de couper du monde du tennis et de se ressourcer, et ne revient que pour l’US Open, qu’il dispute diminué par une blessure et où il doit une fois de plus laisser son titre à Stan « The Man » Wawrinka. Le coup de massue est terrible pour le serbe, qui vient en un été de perdre 3 des quatre tournois qu’il a joué et surtout les trois qui lui tenait le plus à coeur. On se dit que sa fin de saison doit lui servir pour préparer au mieux une année 2017 où il ambitionne de retrouver sa domination d’antan. Mais que nenni. Et elle s’apparente plus à un long chemin de croix puisqu’il ne remporte plus aucun titre ni même ne parvient à atteindre aucune finale. Pire, ce que l’on pensait impossible finit pourtant par arriver : il perd sa place de numéro 1 mondial au profit d’un Andy Murray beaucoup plus régulier. C’est sur cet ultime affront que le désormais numéro 2 mondial boucle une deuxième partie de saison 2016 plus que décevante pour lui.

2017, année de la rédemption… ou confirmation du déclin?

Premier changement majeur dans l’équipe de Djokovic lors de l’intersaison, le départ de Boris Becker, arrivé au cours de l’année 2014 pour apporter (avec succès) son expérience au serbe. L’allemand va critiquer assez violemment son ancien poulain dans la presse, en lui reprochant en autre de ne plus s’impliquer autant qu’auparavant à l’entraînement. Pas la préparation idéale pour lancer l’opération reconquête du côté du clan de Nole.

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Toutefois, le Djoker lance sa saison 2017 sur les chapeaux de roues par une convaincante victoire à Doha en battant notamment Andy Murray en finale, ce même Murray qui l’avait vaincu lors de la finale du Masters de fin de saison quelques semaines auparavant. Le serbe va t-il enfin retrouver sa plénitude passée et ramener un nouveau Grand Chelem dans sa besace, qui plus est à l’Open d’Australie où il se sent comme chez lui (6 victoires en carrière, c’est-à-dire 6 de plus que toi dans dans l’open de Bergerac que tu disputes pourtant tous les ans depuis tes 11 ans) ? Encore raté. Il ne gagnera même qu’un seul match et s’inclinera face à l’ouzbek Denis Istomin (Oui oui, les ouzbeks savent taquiner la balle jaune), alors classé au delà de la 100ème place mondiale. La claque est immense pour Novak, qui ne trouve pas d’explications à cette nouvelle déconvenue en Grand Chelem, la troisième consécutive. Et les choses ne vont pas en s’améliorant puisque lors du tournoi suivant à Acapulco, il doit encore céder, cette fois-ci face à l’australien Kyrgios dans un match tendu où le manque criant de confiance de Djoko lui a encore joué un bien mauvais tour.

Qu’attendre donc de ce formidable joueur qu’est Novak Djokovic pour la suite de cette saison 2017 qui n’en est somme toute qu’à ses premiers frémissements ? Trois Grand Chelem sont encore en jeu et s’il est en bonne santé il sera à coup sûr dans les favoris à la victoire finale dans chacun de ces tournois. Il ne faut jamais sous estimer le coeur d’un champion, et si le coup de panne que connaît le champion des Balkans se prolonge bien trop longtemps pour n’être qu’un simple accident, on se privera bien d’enterrer un joueur qui reste dans la force de l’âge et qui a démontré par le passé toute sa force mentale et son caractère pour rebondir et revenir toujours plus fort.

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

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