Ce PSG est-il une équipe de chèvres?

Un séisme. Un tremblement de terre. Une première dans l’histoire du football européen. Un immense coup de massue sur la tête des joueurs parisiens, qui ont pris le bouillon comme jamais hier soir dans un Camp Nou brûlant qui avait des allures de fosse aux lions pour les frêles brebis parisiennes. Le PSG a perdu beaucoup plus qu’un match hier, face à un Barca qui confirme qu’il est bien « Mes Que Un Club ». Mais derrière ce naufrage que personne (et nous les premiers) n’avait vu venir, une question se pose : Barcelone a t-il joué le match de sa vie ou Paris a t-il complètement explosé en vol ?

Un Barca transfiguré

On les avait quitté le 14 Février dernier la tête basse et la queue entre les jambes, rentrant à Barcelone avec une valoche de buts dans les bagages. Comment imaginer alors que la même équipe, qui semblait plus que jamais en fin de cycle, allait nous éblouir quelques semaines plus tard? Une des clés de ce renouveau tient peut être dans la nouvelle configuration tactique mise en place depuis le match aller par Luis Enrique. En effet ce dernier organise désormais son équipe dans un 3-4-3 assez modulable pouvant se transformé par moments en 4-4-3 en phase défensive grâce à la polyvalence de Rafinha sur le côté. Ce système ultra offensif a su relancer une machine qui semblait jusqu’à la grippée, et en championnat Barcelone a pu enchaîner les cartons: victoire face à l’Atlético dans leur antre de Vicente Calderon, puis 6-1 (déjà) face au Sporting Gijon et enfin 5-0 face au Celta Vigo. Mais ces deux dernières équipes ne sont en aucun cas du même calibre que le PSG, et la menace ne semblait pas si réelle au moment du coup d’envoi. Mais voilà Barcelone a eu le mérite d’y croire jusqu’au bout, même avec 3 buts à mettre à moins de 5 min du coup de sifflet final, même lorsque les dernières secondes du temps additionnel s’égrainaient lentement et pouvait laisser croire qu’ils allaient échouer tout près du but. Mais voila cette équipe n’est pas une équipe comme les autres et elle a su forcer son destin, même sans réaliser une prestation aussi aboutie que ce qu’elle a déjà pu nous montrer par le passé.

 

Cependant, les barcelonais doivent leur salut tout autant à leur abnégation et leur talent, qu’à l’énorme et improbable défaillance parisienne, ainsi il faut le dire qu’à certaines décisions arbitrales très largement discutables (Luis Suarez vient d’ailleurs de s’écrouler au sol au plein milieu de son salon en réclamant un énième penalty pour le Barca en lisant ces lignes).

Un PSG en dessous de tout

Les mots manquent pour décrire la pauvreté abyssale de la prestation réalisée par les joueurs de Unai Emery hier soir. Comment ne pas s’indigner devant tant de médiocrité, alors que 3 semaines auparavant les mêmes hommes enchantaient la planète football en éclaboussant la Ligue des Champions de toute leur classe ? Comment expliquer qu’une équipe censée être au sommet de son art puisse couler d’une telle manière pour le match le plus important de sa saison jusqu’à présent? La réponse est simple : rien ne peut justifier cela. Tous les buts ou presque sont le fruit d’énormes erreurs individuelles, et seul le pauvre Cavani a surnagé en pointe. Pour tout ses coéquipiers le constat est cinglant et lapidaire: ils ont été incapables. Incapables de se révolter, de réagir, de lutter face aux vagues barcelonaises qui n’étaient pourtant pas aussi fortes que cela, et surtout incapables de gérer un avantage de 4 buts acquis au match aller, ce que pourtant toutes les équipes européennes dans la même situation avait su faire jusqu’à présent (213 fois tout de même, ca fait un paquet de remontada loupée). Ce Barça là n’était clairement pas l’équipe faiblarde qui s’était présentée au Parc des Princes il y a 3 semaines mais il n’avait rien d’un ogre non plus. Paris a totalement déjoué en se positionnant bien trop bas sur le terrain et se contentant de vouloir garer le bus devant les cages sans prendre de risques. Aucune sortie de balle n’a été proprement assurée et une stat terrible résume bien l’impuissance dans le jeu des parisiens hier: le joueur a avoir toucher le plus de ballon n’est autre que Kevin Trapp, qui n’est pourtant pas ce qu’on peut appeler une « plaque tournante » du jeu parisien à l’accoutumée.

FBL-EUR-C1-BARCELONA-PSG

Ce qu’on peut se demander maintenant c’est si ce PSG peut se relever mentalement après une telle rouste. Vu la faiblesse mentale criante affichée hier, rien n’est moins sûr et la fin de saison pourrait être cauchemardesque pour Emery et ses hommes qui sont loin d’être assurés du titre en Ligue 1 tant Monaco et Nice impressionnent. Après avoir signé ce que l’on pensait être un acte de naissance fondateur au niveau européen pour ce PSG version QSI, la gifle reçue hier en Catalogne fais reculer le projet très loin en arrière, et la perspective de soulever un jour la coupe aux grandes oreilles semble aujourd’hui tellement plus lointaine qu’il y a 24 h à peine. Enfin, pour Emery aussi c’est un immense contrecoup, lui qui avait réussi grâce au match aller notamment à montrer au monde entier qu’il était le coach capable de faire passer un cap à Paris, et qui désormais va essayer de sauver les meubles avec le championnat et les coupes nationales. Sa première saison sera d’ores et déjà moins aboutie que les 3 dernières saison avec Blanc avaient pu l’être, et en cas de contre performance en championnat sa place pourrait même déjà être menacée lors de la prochaine saison.

La tempête semble souffler plus fort que jamais au sein du club de la capitale qui va devoir se poser les bonnes questions et trouver les bonnes réponses pour pouvoir rebondir après ce terrible dénouement au Camp Nou qui marquera à coup sûr des générations entières d’amateurs de football. L’impensable s’est produit hier soir, et cette soirée historique nous rappelle aussi toute la beauté du sport et de sa glorieuse incertitude, celle là même qui nous fait croire dans les choses les plus folles et qui nous donne des émotions trouvables nulle part ailleurs.

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

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