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C’est l’énorme coup de tonnerre du jour dans le petit monde de NBA. Alors qu’il avait été déclaré intransférable par ses dirigeants (et au premier rang desquels Vlade Divac), le pivot star des Kings DeMarcus Cousins va faire ses valises et déménager du côté de la Nouvelle Orleans pour y rejoindre un certain Anthony Davis et former l’une des raquettes les plus excitantes de la ligue depuis belle lurette.

Un trade à sens unique

Au premier abord, ce trade semble faire un gagnant très net: les Pelicans. En effet ces derniers, en plus de l’arrière rookie Buddy Hield, se séparent de Tyreke Evans, inconstant après plus d’une année passée éloignée des terrains, et du valeureux mais non moins limité Langston Galloway. Finalement, les pertes plus préjudiciables pourraient être les choix de draft 2017, avec ce premier pick, certes protégé top 3, et à un degré moindre ce second tour. Un moindre mal, au regard de la dimension de DeMarcus Cousins.

Mais analysons un peu plus en profondeur ce trade majeur et son implication pour le futur des deux franchises.

Côté Pelicans : un coup de maître ou un coup d’épée dans l’eau?

New Orleans a donc réussi à assembler la raquette la plus talentueuse de la ligue, explosive et jeune (26 ans pour l’ex-King, 23 ans pour le MVP du All-Star Game). Le plus âgé combine trois sélections au All-Star Game et deux Second All-NBA team tandis que son cadet est déjà quadruple All-Star et double All-NBA team. Cette saison, tous les deux compilent plus de 27 points et 10 rebonds par match, une rareté puisque seul Russell Westbrook les accompagne dans ces hauteurs hallucinantes. Ce sont aussi les deux seuls joueurs à cumuler au moins 20 points et 10 rebonds de moyenne chaque saison depuis quatre ans… Autant vous dire qu’on tient la deux beaux bébés des arceaux, nourri au rebond et potentiellement capable de tout écraser sur leur passage. Mais si l’acquisition d’un joueur de la dimension de DeMarcus Cousins ne peut évidemment que renforcer une franchise en difficulté tel que celle de New Orleans, des zones d’ombre demeurent du côté des Pelicans.

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Tout d’abord, si la raquette est certainement ce qui se fait de mieux actuellement dans le monde du basket, le vide laissé sur les lignes arrières et plus particulièrement sur les postes 2 et 3 est immense. Car si Jrue Holiday peut faire le taf’ à la mène, le niveau affiché par les Terrence Jones, Dante Cunningham ou autre E’Twaun Moore laisse franchement à désirer, et pour devenir un sérieux contender dans la course au titre il va falloir boucher cet énorme trou, ce qui sera pas forcément chose aisée.

Cousins : une saison et puis s’en va ?

Ensuite, ca se corse sur le long terme, car le grand DeMarcus sera free agent en 2018 et à Sacramento, il était éligible à une prolongation de contrat en or massif sous le statut de la Designated Veteran Player Exception, synonyme d’un salaire annuel équivalent à 35% du cap (environ 210 millions de dollars sur 5 ans). Autant vous dire que ça fait un bon ptit paquet de billets verts pour aller faire vos courses chez Franprix le dimanche. Or, comme le veut la nouvelle ambition collective, ce statut est désormais impossible pour le pivot puisqu’il n’est plus dans sa franchise d’origine et a été échangé au-delà de son contrat rookie.

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De plus, en raison de la situation de Jrue Holiday (près de 17 millions de dollars dans la masse salariale, ce qui vaut quand même son petit pesant de cacahuètes) qui s’ajoute à celle de la star actuelle de l’équipe Anthony Davis (signé pour la coquette somme de 145 millions de dollars sur 5 ans en 2015), l’éventualité de voir Cousins prolonger dans sa nouvelle franchise l’été prochain paraît plus qu’hypothétique au vue de la faible marge financière de cette dernière. De plus, économiquement, DeMarcus Cousins a tout à gagner à attendre l’année prochaine pour prolonger puisqu’il gagnerait près de 32 millions de dollars pour sa 1 ère année de contrat contre 21,6 millions s’il signe cet été.

En l’état, tout concorde de fait à ce que New Orleans joue la saison prochaine dans l’incertitude et la crainte de voir le pivot partir lors de l’intersaison 2018. Si tel était le cas, la déception serait évidemment immense, mais les Pelicans se sont donné les moyens de booster leur équipe et de devenir une vraie place forte de la NBA, quitte à prendre un risque pour leur futur.

Côté Kings : mais où peut bien aller cette franchise ?

Pour les fans des Kings(si seulement ils existent), l’année 2017 ressemble fortement à un cauchemar pour le moment. Encore dans course aux playoffs il y a peu, ils ont vu coup sur coup leur ailier titulaire se blesser gravement jusqu’à la fin de la saison, et donc leur franchise player plier bagage contre l’équivalent de 2 Twix et 3 Kinder Bueno. Les dirigeants de la franchise semblent incapables de prendre deux décisions cohérentes de suite, et cela dure depuis désormais bien longtemps.

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Si on peut comprendre leur volonté de reconstruire sur de nouvelles bases au vu des difficultés de l’effectif actuel (pourtant pas le moins talentueux de la ligue, pour ça, allez plutôt voir du côté des Nets et leur équipe à peine capable de rivaliser avec Boulazac ou Dunkerque, sans faire offense à ces deux beaux clubs de basket que l’on embrasse), la contrepartie obtenue en échange de leur star semble aussi maigre qu’un somalien en période de famine.

Incompréhension à Sacramento

Certes, les tours de draft récupérés peuvent permettre d’obtenir un ou plusieurs rookies intéressants dans une cuvée 2017 annoncée dense, mais au vu de l’incapacité des Kings à faire autre chose que n’importe quoi le soir de la draft (aaah les choix de Nik Stauskas ou Willie Cauley-Stein, pour ne prendre que les plus récents), tout cela nous laisse perplexe sur la capacité de cette franchise à dénicher enfin une perle rare parmi les futurs rookies.

De plus, si Buddy Hield est rookie, il n’en demeure pas moins actuellement un joueur assez unidimensionnel dont l’arme principale, le shoot, reste pour le moment plus proche du lance-pierre que du bazooka, autrement dit les Kings ne tiennent pas vraiment le nouveau Ray Allen mais plutôt son cousin de Tourcoing Ré Halen.

Des contreparties sans grand intérêt

Quant à Tyreke Evans, en dépit d’un talent certain, il est bien loin des promesses entrevues lors de sa première saison NBA, qui lui avait valu le titre de meilleur rookie de l’année. Enfin, Langston Galloway est un brave joueur mais il semble plus à même de remplir les gourdes de l’équipes et tourner des serviettes sur le banc que de mener une franchise vers le titre.

SACRAMENTO, CA - APRIL 3: Tyreke Evans #13 of the Sacramento Kings waits to enter back into the game against the Phoenix Suns on April 3 2012 at Power Balance Pavilion in Sacramento, California. NOTE TO USER: User expressly acknowledges and agrees that, by downloading and or using this photograph, User is consenting to the terms and conditions of the Getty Images Agreement. Mandatory Copyright Notice: Copyright 2012 NBAE (Photo by Rocky Widner/NBAE via Getty Images)

L’avenir nous dira qui sera le vrai gagnant de ce trade, mais si d’un côté comme de l’autre des interrogations demeurent (comme toujours dans ce genre d’échange de grande envergure), les Pelicans semblent avoir une véritable envie de se rapprocher du titre et s’en sont donné les moyens, tandis que les Kings repartent dans un énième processus de reconstruction qui va plonger une nouvelle fois ses fans dans la dépression.

En bonus : quand DeMarcus Cousins apprend son trade en direct, ça vaut le détour :

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

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