[NBA : les grandes questions] Qui va tanker comme un gros cochon ?

La NBA revient dans la nuit de mardi 16 au mercredi 17 octobre. Encore quelques jours à patienter avant de revoir toutes les stars fouler les parquets. Mais si certains ne pensent qu’à gagner et ont le titre ou les playoffs en ligne de mire, d’autres ont déjà les yeux rivés vers la prochaine lottery et n’ont qu’une envie : empiler les défaites comme Glen Davis enfile les Big Mac. Petit tour d’horizon des équipes qui vont sortir leur plus beau tank cette saison.

Le tanking, pratique indigne mais tellement répandue…

Chaque année c’est la même rengaine. En début de saison, chaque équipe annonce vouloir “faire la plus grosse saison possible”, montrer qu’elle va “ déjouer tous les pronostics ” et même être “ l’équipe surprise qui va accrocher les playoffs ”. Aaaah combien de fois a-t-on eu droit à ces beaux discours d’avant saison, les bien connus “en jouant dur et en y mettant du coeur en défense, je suis sur que nous pouvons battre n’importe qui et pourquoi pas accrocher les playoffs” prononcés par des joueurs (souvent des rookies) encore jeunes, tendres et naïfs, et pensant se battre jusqu’au bout pour gagner le maximum de matchs possible.

Oui mais voilà, les belles promesses de façade de l’automne ne font que trop rarement long feu, et bien vite la triste réalité des choses rattrape les équipes de bas de tableau : essayer de gagner c’est bien, mais enchaîner les défaites pour hériter du plus beau tour de Draft possible c’est mieux. Ou du moins c’est ce que pensent pas mal de GM et dirigeants de la ligue. Après tout, si les Sixers de Ben Simmons, Joel Embiid et Markelle Fultz sont effrayants de talent et font trembler toute la conférence Est, c’est aussi parce que cette équipe battait des records de loose il n’y a que quelques années de cela. Ce chef d’oeuvre de tanking construit par Sam Hinkie (depuis démis de ses fonctions, pile au moment où l’équipe se remettait à gagner des matchs, c’est con quand même) semble aujourd’hui porter ses fruits, et fait figure de modèle à suivre pour bon nombre d’équipes à l’effectif dégueulasse et aux perspectives d’avenir à court terme limitée.

… et pourtant pas toujours efficace

Si sur le papier il semble donc facile de se dire que perdre beaucoup aujourd’hui, c’est gagner plus demain, et qu’il faut tanker comme un bon gros cochon pour espérer devenir à terme un cador de la ligue, cette théorie s’avère beaucoup moins juste une fois transposée dans la réalité du sport de haut niveau.

Déjà, drafter haut c’est bien, mais drafter malin c’est mieux. Parlez en donc aux Kings ou au Magic, qui possèdent un voir deux picks de Draft dans le top 10 depuis moult années maintenant, et qui ne parviennent pourtant toujours pas à décoller des bas fonds de la NBA.

De plus, instaurer volontairement une culture de la défaite dans une franchise de haut niveau n’est jamais anodin et ne peut qu’avoir des retombées négatives sur le mental des joueurs, et ce quelque soit le sport pratiqué. Reprenons une nouvelle fois l’exemple des Kings (ah ces Kings, toujours là pour montrer aux autres ce qu’il ne faut pas faire en prenant systématiquement les pires décisions possibles, des vrais bons camarades quand même), qui se sont empêtrés depuis de trop nombreuses saisons maintenant dans une culture de la loose qui colle à la peau de la franchise et dont l’équipe ne parvient pas du tout à se défaire.

Le tanking a donc ses partisans aussi bien que ses détracteurs, et s’il ne faut pas le voir comme une solution miracle, il est impossible d’y échapper avec le format actuel de la NBA et le système de lottery qui régit la Draft.

Cette année encore pour beaucoup d’équipes la saison se résumera (trop) vite à un enchaînement de matchs sans saveurs, où les meilleurs vétérans seront laissés de côté pour officiellement “ laisser les jeunes s’aguerrir ” mais surtout officieusement prendre branlées sur branlées. Notre champion des champions est à découvrir tout de suite.

L’avis de la rédac’ : les Hawks, champions toute catégorie

On l’a dit, ce concours de tanking à peine voilé va concerner un paquet d’équipe. Au rayon des gros tankeurs, on pourra notamment retrouver certains grands habitués, à commencer par les incontournables Kings. Si certaines choses évoluent à vitesse grand V dans notre société (qui aurait cru à l’essor des trottinettes il y a 10 ans ?), d’autres restent inchangées malgré les années qui passent. Cela est vrai pour la situation sportive des Kings, qui reste constamment dramatique, et la saison à venir ne devrait pas échapper aux règles. L’effectif est encore terriblement faible, les questionnements autour du réel niveau de l’équipe dirigeante sont toujours présents, et comme tous les ans depuis bien trop longtemps nous devrions donc retrouver les Kings à la lutte non pas pour les playoffs mais pour la 15ème place de la conférence Ouest.

Au rayon des outsiders sympas, on peut également citer les Grizzlies, une franchise pourtant pas habituée à ce genre de pratique, mais qui vient pourtant de nous sortir une saison dans la plus pure tradition du gros tanking, et qui voit Marc Gasol arriver dans la dernière année de son contrat. La tentation de l’échanger en cours de saison pour ne pas le perdre sans contrepartie dans un an est donc grande, et si un trade devait avoir lieu vous pouvez être sûr que nos oursons n’hésiteraient pas une pas une seconde de plus à ressortir le tank une deuxième saison de plus.

Les deux équipes new-yorkaises, les Knicks aussi bien que les Nets, seront certainement tentées de mettre le clignotant en cours de saison pour essayer de ne pas gagner trop de matchs et bien se placer en vue de la prochaine Draft, car là aussi l’effectif compte quelques jeunes intéressants qu’il faudra développer en leur donnant du temps de jeu, mais des jeunes encore trop tendres pour vraiment lutter en NBA. Notons tout de même que malgré un effectif bien limite depuis plusieurs saisons, Brooklyn se bat à fond sous la coupe du coach Kenny Atkinson, dont le boulot doit être souligné. Les Nets ne sont donc pas forcément des gros tankeurs, ils sont simplement nuls.

Mais si ces équipes ont une belle pancarte de tankeurs accrochée dans le dos, les incontestables favoris nous viennent d’Atlanta. Les Hawks ont littéralement détruit leur effectif, et des 4 All Star de l’équipe qui avait atteint les finales de conf à l’Est il y a 3 ans seulement il ne reste rien.

Le roster est d’une faiblesse abyssale, et la nouvelle équipe dirigeante en place depuis cet été semble avant tout vouloir développer ses jeunes pousses pour voir quels pourraient être les joueurs susceptibles d’avoir un bon niveau NBA dans les années à venir. le problème est que la moitié de l’équipe n’a clairement pas le niveau, et que gagner le moindre match va donc relever de l’exploit pour ces faucons bien pâles. Leur choix de volontairement laisser filer Luka Doncic pour choisir Trae Young pourrait également leur revenir en pleine figure si jamais le premier explose comme son statut de prodige en Europe le laisse penser, et que le second peine à s’imposer dans une NBA trop physique pour lui. La salle des Hawks, qui sonne désespérément creux depuis des mois, n’est donc pas prête de se remplir. Le bilan d’Atlanta reste d’être famélique d’ici à la fin de saison, mais du côté des Hawks, on pense déjà au futur et à la prochaine Draft. L’avenir nous dira qui aura fait le bon choix.

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