Minnesota ou la malédiction du 3ème quart-temps

Dans la vie, chacun sa spécialité. Pour Joël Robuchon, c’est la purée de pommes de terre. Pour Bertrand Renard, c’est le calcul mental. Dans le Minnesota, les Timberwolves ont pris l’habitude de faire n’importe quoi dans le 3ème quart-temps. Analyse d’un phénomène surprenant.

Oct 30, 2015; Denver, CO, USA; Minnesota Timberwolves center Karl-Anthony Towns (32) drives to the basket during the first half against the Denver Nuggets at Pepsi Center. Mandatory Credit: Chris Humphreys-USA TODAY Sports

 

Statistiquement, c’est incroyable

Depuis le début de la saison, les Wolves scorent en moyenne près de 60 points par première mi-temps avec un équilibre sur les deux quart-temps (29pts dans le 1st – 29,5pts dans le 2nd). Mais le retour des vestiaires est très compliqué. Avec 19,9 points par 3ème quart-temps, la chute est terrible pour les jeunes loups. En comparaison, sur la première mi-temps, Minnesota marque seulement 2 points de moins en moyenne que les Warriors, meilleure attaque de la ligue, qui viennent de claquer 149 pions sur la truffe des braves Lakers. Mais sur le 3ème quart, Golden State score 11 points de plus que les Wolves !

Observons d’un peu plus près leur net rating par quart-temps :

1er quart : +19,4 (3ème en NBA)

2ème quart : +22,9 (2ème en NBA)

3ème quart : -37,0 (Dernier et de très loin)

4ème quart : +4,6 (13ème en NBA)

Pour être plus clair, sur 100 possessions dans le 3ème quart-temps, les Wolves prennent un écart de 37 points ! C’est plus que Brooklyn et Philadelphia réunis, deux pires franchises après Minnesota.

Autre stat très surprenante : parmi les 12 pires quart-temps des Wolves cette saison sur le plan offensif, 9 d’entre eux sont des 3ème quarts ! Mention spéciale aux 16 points inscrits à Memphis le 26 octobre suivis d’une belle réaction avec 12 points marqués trois jours plus tard à Charlotte.

Minnesota Timberwolves guard Zach LaVine looks up at the scoreboard during a time out in the closing moments of the Timberwolves 106-103 loss to the Sacramento Kings in an NBA basketball game in Sacramento, Calif., Saturday, Oct. 29, 2016. (AP Photo/Rich Pedroncelli) ORG XMIT: SCA119

Comment expliquer cela ?

Nous ne sommes pas des insiders NBA et encore moins au quotidien dans le vestiaire des Timberwolves mais tentons d’apporter une explication à cette faillite.

D’abord, l’effectif est très jeune. Les trois meilleurs scoreurs de l’équipe, Andrew Wiggins (23,9 points par match), Karl-Anthony Towns (21,3 pts) et Zach LaVine (19,0 pts) n’ont que 21 ans et leur inexpérience est peut-être à prendre en compte. Mais dans ce cas-là, comment expliquer que ces joueurs talentueux parviennent à trouver des solutions tout le reste du match mais se crispent dans les 3ème quart-temps ?

Ricky Rubio tente d’analyser la chose :

« On fait les bons choix. Le système fonctionne en première mi-temps. Ce n’est pas comme s’il ne marchait pas, c’est juste que nous sommes parfois trop égoïstes. On pense à nous avant de penser à la victoire. C’est un sport collectif, on brille quand notre équipe gagne. »

Et l’explication est peut-être là. Les joueurs savent qu’il faut proposer autre chose et on a la sensation que chacun souhaite jouer les sauveurs en prenant les choses en mains. Résultat, les Wolves enchainent les isolations et le ballon tourne moins. La répétition des blow-out dans le 3ème acte pousse les Wiggins ou Towns à prendre leurs responsabilités en tant que leaders. Au final, le jeu est moins fluide et il est difficile de sortir du cercle vicieux. Gorgui Dieng est conscient de cette baisse d’intensité collective et cette volonté de tirer son épingle du jeu individuellement :

« Je pense que chacun veut être le héros de la soirée et ça ne fonctionne pas donc il faut changer cela et jouer en équipe. Il faut faire bouger le ballon, peu importe qui score. Quand il faut prendre le shoot, on prend le shoot. Il n’y a pas de précipitation »

« Je crois qu’on joue trop détendus, on revient trop relâchés. On regarde le score, on voit qu’on est devant, on se dit qu’on a un peu de marge mais toute les équipes nous mettent un run dans le 3ème quart-temps » ajoute Andrew Wiggins, lucide sur la situation.

On attendait Minnesota en progrès cette saison avec une place en playoffs pour récompenser tout cela. Pour l’instant, c’est compliqué, à cause notamment de ce fichu 3ème quart-temps, qui pourrit les ambitions des jeunes Timberwolves. Ils ont tout pour réussir mais n’y arrivent pas. Un peu comme quand Edinson Cavani arrive tout seul devant le gardien et fait le mauvais choix.

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

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