Chargement

Champion de France il y a seulement cinq ans, le LOSC réalise un début de saison cauchemardesque. 19èmes, avec 9 défaites en 13 rencontres, les Dogues sont dans le dur et viennent d’annoncer le départ de Frédéric Antonetti, un an après son arrivée. Comment expliquer ce premier tiers de saison dramatique pour le 5ème budget de Ligue 1 ? Antonetti est il le principal responsable ? Eder est il le nouveau Lionel Messi ? Tentatives de réponse.

frederic-antonetti-sera-charge-de-mettre-de-l-ordre-dans-le_3390158_800x400

Une réalité économique

Nous sommes en mai 2011 et Lille décroche le titre de champion de France, emmené par les Moussa Sow, Eden Hazard ou Gervinho. Cinq petites années plus tard, Sow s’est transformé en Eder, Hazard en Nicolas de Préville et Gervinho en Morgan Amalfitano. Mais surtout, les victoires sont devenues défaites et le jeu audacieux proposé à l’époque par Rudi Garcia est devenu difficilement appréciable sous les ordres de René Girard, Hervé Renard puis Fredo Antonetti. Le principal responsable de cette piètre évolution, c’est l’argent. Après le titre, Lille a vu partir Gervinho et Cabaye puis Sow au mercato d’hiver pour un total de 27 millions d’euros. A l’époque, le recrutement lillois est loin d’être ridicule avec un investissement sur des joueurs de qualité comme Benoit Pedretti, Joe Cole ou encore Dimitri Payet. Des choix intelligents qui permettent au LOSC d’accéder au podium lors de l’exercice 2011-2012.

La vente de Hazard, le début de la fin

Avec 20 buts et 15 passes décisives, Eden Hazard est le principal artisan de la belle saison lilloise. Pour la pépite belge, il est temps de partir et Michel Seydoux le laisse filer à Chelsea en échange d’un joli chèque de 40 millions d’euros. Coup de blues. Seulement 13 millions sont réinvestis. Les dirigeants lillois tentent le coup Marvin Martin, très performant à Sochaux, pour 10 millions d’euros. Ryan Mendes arrive pour 3 millions d’euros et Salomon Kalou, alors libre, débarque dans le Nord. Les deux premiers seront décevants et minés par des blessures alors que l’ivoirien est convaincant avec un peu moins d’un but tous les deux matchs sur deux saisons. La belle aventure lilloise est rattrapée par une réalité économique : le LOSC est obligé de vendre pour équilibrer ses comptes. De 2011 à 2015, le club nordiste réalise un chiffre d’affaire de 100 millions d’euros, non réinvestis.

Joie de Eden Hazard apres son second But (Lille)/ (Nancy)

Lille passe l’arme à coach

Sur la pelouse, les visages lillois ont changé en deux saisons. Outre les joueurs, s’en allant les uns après les autres, c’est coach Garcia qui s’en va à l’été 2013 et la qualité du jeu nordiste avec lui. Dans ses valises, Rudi Garcia a sûrement emmené le talent offensif de son équipe et l’arrivée de René Girard ne fera qu’accentuer cela. Celui qui a mené Montpellier au titre surprise de 2012 n’est pas réputé pour le spectacle proposé sur le terrain et l’attaque lilloise perd en efficacité avec Girard qui, malgré une première saison interessante d’un point de vue comptable (encore 3ème), fait disparaitre l’excitation au sein du tout neuf Stade Pierre Mauroy. La deuxième campagne de Girard est compliquée, Lille chute à la 8ème place et le coach prend la porte. Hervé Renard est choisi par la direction lilloise, un choix pertinent sur le papier car Renard sait gagner (vainqueur de la CAN en 2012 avec la Zambie et en 2015 avec la Côte d’Ivoire). Cependant, le LOSC doit encore et toujours vendre et ce sont alors Simon Kjaer (8 millions d’euros), Idrissa Gueye (12,7 millions) et Adama Traoré (14 millions) qui s’en vont et les arrivées de Benzia, Tallo, Guillaume et Guirassy sont tous de véritables accidents industriels. Michel Seydoux est sans doute plus efficace devant le but que ces quatre là réunis.

2016, et c’est le drame

Renard est viré après quelques mois et c’est ce bon vieux Fred Antonetti qui prend le poste. Après un début de saison compliqué, le beau chauve permet à Lille une remontée spectaculaire pour finir à une belle 5ème place en Ligue 1 et décrocher une finale, certes perdue, face à l’ogre parisien en Coupe de la Ligue. Coach Antonetti est prolongé cet été et, à l’aube de l’exercice 2016-207, Lille est censé faire parti du top 5 du championnat français. Il n’en sera rien. Rio Mavuba est fantomatique, Vincent Enyama commence à prendre des buts et Eder, bah c’est Eder quoi. Le LOSC coule et à l’heure où cet article est rédigé, pointe à la 19ème place du classement du championnat de France et le bon Fredo s’en est allé. Voilà comment Lille est passé d’un champion surprise au jeu alléchant en 2011 à une équipe relégable six petites années plus tard.

bedd9f7d41039bebe829f2198bba0

L’avenir n’est pas tout noir non plus. Il faut signaler le possible rachat du club par Gérard Lopez qui pourrait redonner le sourire aux supporters et surtout, dans un championnat aussi faible que la Ligue 1, on voit Lille remonter petit à petit et terminer dans l’anonymat en milieu de tableau. Pour cela, il faudra que tout le monde, coach, joueurs et dirigeants, s’assoit autour d’une table et discute les yeux dans les yeux. Lille de la Réunion.

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En haut