Le retour des rois

« On est désolé. On espère vraiment fêter ça avec nos fans et j’espère que ce sera après une victoire » annonçait Paul Pogba la semaine dernière. La descente du bus express sur les Champs-Elysées avait déçu les supporters mais aussi les joueurs. France – Pays-Bas, un dimanche soir, pour le premier match des Bleus doublement étoilés en France, le tout sans président et son « homme à tout faire » casseur d’ambiance (et de manifestants) pour tout gâcher. En bref, le moment idéal pour partager cette célébration avec 80 000 personnes venues plus pour la fête que pour cette journée de Ligue des nations.

Tous pour un 

Une heure avant le début de la rencontre, le stade est déjà bruyant. On sent les fans prêts à casser leurs cordes vocales, les maillots floqués M’Bappé se comptent par centaines et les chants à la gloire de Pavard résonnent déjà. Le cheeseburguer du Stade de France m’a même paru meilleur que d’habitude. Des télés positionnés à côté des points de restauration rediffusent le match de la finale, tandis que les écrans géants du stade montrent les plus belles images du parcours des bleus en Coupe du Monde. Les Irrésistibles Français donnent de la voix. Le speaker, Max, entonne quant à lui un clapping pour nous chauffer.

Le public est prêt, les joueurs peuvent rentrer sur la pelouse. Un tifo géant les accueille. Deux étoiles, le trophée, la date du sacre. Simple, efficace, et magnifique. La Marseillaise et la présentation des joueurs ont été assourdissantes sur place. Notamment celle de Kylian M’bappé, pour lequel l’annonce du prénom a déclenché une hystérie collective incroyable.

L’émotion est déjà très forte. Ces images, les joueurs, les chants, tout nous rappelle le sacre de l’Équipe de France en juillet dernier. L’ambiance au cours du match est aussi à la hauteur. Le Stade de France n’est pas connu pour sa ferveur incroyable mais ce soir, c’était différent. Les Irrésistibles à la baguette, le public entier reprenait le « Aux armes », « Allez les Bleus » ou « Champions du monde ». La Ola a aussi duré, malgré la réticence habituelle de la tribune présidentielle. Un but de « Kyky » et une première mi-temps maitrisée, tant pour les joueurs que pour les supporters marquait le début d’une soirée inoubliable. La seconde période fut plus calme car le trou d’air des bleus s’est aussi fait ressentir chez les fans. Quelques sifflets pour Giroud ont ainsi résonné et Ryan Babel ne s’est pas privé lorsqu’il a eu l’occasion de climatiser tout ce beau monde.

Jour de fête

Un match nul n’aurait pas plombé les festivités de fin de match, mais la victoire était nécessaire pour la Ligue des Nations. Dans le rôle du héros, qui de mieux que celui qui n’a plus marqué depuis mille minutes et commençait à se faire siffler ? D’une belle volée, Olivier Giroud ressuscite le Stade de France et en profite pour faire taire les mauvaises langues. Une Marseillaise jaillit en fin de match, un dernier effort avant la victoire finale. Le job est fait, place à la célébration.

La première ovation est pour Deschamps, on entend des « Merci Didier » dans le public. S’en suit l’acclamation des joueurs par ordre décroissant de numéro de maillot. Les arrivées de Kanté, M’bappé, Pogba, Umtiti, Griezmann ou encore Pavard ont déchainé les foules. Les joueurs se réunissent pour que Lloris soulève la coupe. Le capitaine brandit les bras, les joueurs tombent autour de lui, le stade explose.

Commence alors le tour d’honneur, avec les Magic System, puis Vegedream. Pas de la grande musique, mais c’est toujours mieux qu’un Patrick Sébastien ou Hanouna. On sentait clairement de la magie dans l’air. Tout le stade vibrait, chantait à la gloire de chacun des joueurs de l’équipe de France. L’hommage rendu à N’Golo Kanté ou à Pavard est un exemple de l’amour que portent les supporters à leur équipe nationale. « Ils vous présentent VOTRE Coupe du Monde » s’est exclamé le speaker. Mais ce trophée, c’est d’abord le leur. Et 80 000 personnes pour les ovationner, c’est une récompense plus que méritée.

Je repars du stade avec des étoiles (et un peu d’eau salée) dans les yeux. Car si les bleus ont remporté ce mondial mi-juillet, c’est véritablement hier soir qu’ils ont ramené la coupe à la maison.

 

 

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