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Habitués à passer le plus clair de leur temps dans les tréfonds de la ligue depuis 2013 et l’arrivée de leur ancien GM Sam Hinkie, les Sixers semblent (enfin) sur la pente ascendante et se même mettent à gagner des matchs, chose plus que rare sur les quatre dernières saisons, bouclées avec un bilan famélique de 253 défaites en 328 rencontres. Le « Process » est lancé et la question désormais est de savoir où il pourra bien s’arrêter. Décryptage d’un phénomène prêt à tout renverser en NBA.

Un Process long et douloureux mais enfin payant

Quand Sam Hinkie débarque en 2013, Philadelphie est une équipe moyenne qui stagne dans le ventre mou de la conférence Est depuis de nombreuses saisons maintenant et qui n’a plus rien de l’équipe excitante et emballante de 2001 qui avait alors atteint les Finales NBA, emmenée par un immense Allen Iverson. Pour retrouver les sommets, l’apprenti GM a un plan : tout démolir pour mieux se reconstruire par la Draft, du bon gros tanking des familles en somme. Un processus déjà bien connu en NBA me direz-vous, mais si ce bon vieux Hinkie n’a en effet pas inventé l’eau chaude avec cette idée, personne n’avait osé la pousser aussi loin avant lui. Pendant 3 saisons, il ne reculera devant rien pour affaiblir son équipe et lui garantir de piocher dans les tout premiers choix de Draft saisons après saisons, les Sixers enchaînent des saisons d’une médiocrité sans nom, passant même à un match de battre le record du plus grand nombre de matchs perdus consécutivement par une équipe ! Pas glorieux donc,  mais pas si stupide que cela dans le fond. Car si certains choix ne se sont pas révélés payants (Okafor, Noël…), d’autres en revanche s’apparentent aujourd’hui à de véritables coups de génie. Le but avoué de Hinkie de posséder à terme au moins deux joyaux potentiellement dans le top 10 des meilleurs joueurs de la ligue est en passe de se réaliser. En effet, Philly possèdent actuellement dans son effectif deux diamants bruts avec Jojo Embiid et Ben Simmons, et potentiellement un troisième avec le first pick de la dernière draft Markelle Fultz. Si le pauvre Sam Hinkie s’est entre temps fait pousser dehors par ces dirigeants, c’est bel et bien à lui que la direction actuelle doit cet effectif plein de jeunesse et de talent. Zoom désormais sur nos deux futurs monstres des parquets.

Embiid-Simmons, un duo aussi complémentaire qu’effrayant

Un Camerounais et un Australien prêts à conquérir la NBA ensemble, si quelqu’un nous l’avait annoncé il y a 10 ans de cela, nous l’aurions tous pris pour un fou, mais c’est pourtant bel et bien la vérité. Non, vous ne rêvez pas, le futur meilleur joueur du monde est peut être né du côté de Yaoundé ou de Melbourne.

Tout d’abord prenons le plus âgé et le plus grand par la taille des deux, j’ai nommé Joel Embiid. Le pivot camerounais a commencé sa carrière NBA par… deux saisons blanches, de quoi inquiéter plus d’un observateur sur ses capacités à tenir le rythme ultra physique de la grande ligue. Mais dès sa première saison rookie, Jojo a fermé un paquet de bouches et nourrit les fantasmes les plus fous. Jugez plutôt : 20 points, 8 rebonds, 2 passes et 2,5 contres de moyenne par match en seulement… 25 minutes ! Tout simplement irréel. Les blessures semblent être la seule chose capable de le stopper, mais son potentiel paraît sans limites. Rajoutez à cela qu’il n’a commencé le basket qu’à 17 ans, et vous obtenez le talent le plus bandant que la NBA ait connu depuis très très longtemps. Son jeu rappelle l’immense Hakeem Olajuwon, et pour ne rien gâcher il est un trash-talker infatigable qui multiplie les provocations sur et en dehors des terrains pour notre plus grand plaisir.

Enfin, pour distribuer au grand Joel des caviars à tout va, les Sixers possèdent un deuxième joyau avec le petit dernier Ben Simmons. Lui aussi a connu une première saison NBA totalement blanche à cause d’une blessure, mais lui aussi est tout bonnement hallucinant pour ses débuts. Doté d’un physique d’ailier avec ses 2,08 m, il joue néanmoins meneur et le moins qu’on puisse dire c’est que cela lui réussit. Sa vision du jeu est incroyable, sa taille lui permet de gober bon nombre de rebonds et son shoot est bien moins mauvais qu’annoncé. Tout le monde s’attendait à voir un joueur solide, mais pas une telle machine, qui a mis seulement 9 matchs (!) pour réaliser ses deux premiers triples doubles en carrière (seul Oscar Robertson a fait mieux dans l’histoire) et qui tourne à 18,7 points, 9,2 rebonds et 7,6 passes ! Tout simplement du grand art. Son jeu offensif au large est encore perfectible mais toutes les bases sont là et on pourra assurément compter sur le natif de Melbourne pour compter parmi les superstars de la ligue dans un futur très proche.

L’avenir s’annonce donc brillant du côté de Philly avec un duo Embiid-Simmons qui possède un potentiel peut être tout simplement jamais vu précédemment en NBA. Les deux compères sont des joueurs frissons, capables d’électriser les foules et de changer le cours d’un match sur une action, un geste de génie. Les Sixers tiennent leurs deux joyaux, reste maintenant à les polir et bien les entourer .Les blessures restent cependant une épée de Damoclès au dessus de la tête de nos jeunes stars,

Après 4 ans de malheur, la grisaille a plus que jamais quitté le ciel de Philadelphie et les fans peuvent pleinement croire au Process qui les aura vu perdre tant et tant de matchs. Malgré tout, il ne faut pas aller trop vite en besogne. Embiid n’a que 23 ans et compte déjà une liste de blessures longue comme le bras, et Simmons du haut de ses 21 ans vient à peine d’atteindre l’âge légal pour acheter des bières au Super U et n’a disputé qu’une quinzaine de matchs NBA. Le futur semble donc radieux, mais tout va si vite en NBA que rien n’est gagné pour le moment pour nos jeunes Sixers. Trust the Process donc, mais la route vers les sommets et encore longue et semée d’embûches.

 

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