Le jour où City a glané le titre de champion d’Angleterre à la dernière seconde de la saison

Nous sommes à la fin de la saison 2011-2012. Tandis que Montpelier surprend la France et le tout récent PSG version qatari, les deux Manchester trustent la tête du classement de la Premier League. En ballotage très favorable avec huit points d’avance sur son dauphin à six matchs de la fin, United semble se diriger tranquillement vers un cinquième titre en six ans. L’Histoire va pourtant en décider autrement.

Le craquage de United face au sans-faute de City

C’est donc avec une avance très confortable que United aborde le dernier virage de cette saison. Au sommet depuis des années en Angleterre, les hommes de Sir Alex Ferguson ont vécu une saison marquée par une élimination précoce en poule de Ligue des Champions. De son côté, City a aussi vécu une saison européenne délicate avec une élimination en seizièmes de Ligue Europa après avoir été reversé de la LDC. Au niveau des Coupes nationales, les deux clubs n’ont pas fait long feu non plus. Pour ne pas finir la saison bredouille, le championnat reste le dernier espoir pour chacune des formations.

Pourtant vainqueur de leur huit derniers matchs de championnat, les coéquipiers de Tonton Pat’ se font surprendre lors de la 33ème journée et s’inclinent 1-0 à Wigan alors que City inflige une fessée à West Bromwich (4-0). L’écart se resserre puisque Manchester City revient à cinq points de son voisin mancunien. Pas de panique pour autant, d’autant plus que United garde City à cinq points au terme de la journée suivante.

Pour le compte de la 35ème journée, United reçoit Everton qui n’a qu’un maigre espoir d’accrocher une place européenne. Alors que les Red Devils mènent tranquillement 4-2 à dix minutes de la fin, ils connaissent un terrible trou d’air, encaissant deux buts en deux minutes. Résultat final : 4-4 et United sent le souffle de City qui revient à trois longueurs.

La grande finale

Le hasard du calendrier fait que les deux clubs se retrouvent à l’Eithad Stadium à deux semaines de la fin du championnat. Ce match s’apparente à une finale entre les deux équipes qui ont écrasé toutes les autres pendant l’année.  Pour tous les observateurs, cela ne fait aucun doute : le vainqueur du match sera le vainqueur du championnat. De plus, flotte dans l’air un parfum de revanche. Au match aller  City avait giflé United dans son antre d’Old Trafford (6-1). A match tendu, spectacle inexistant. Et comme souvent dans ce genre de rencontre, c’est sur un coup de pied arrêté que la situation va finir par se débloquer. A la dernière seconde du temps additionnel de la première période, Vincent Kompany s’élève plus haut que tout le monde et ouvre le score sur un corner de Silva. Le score n’évoluera pas et les Citizens reprennent la tête du classement à deux journées de la fin.

Les hommes de Roberto Mancini ont donc leur destin entre leurs pieds. Lors de l’avant-dernière journée, les deux Manchester s’imposent. Avec un goal-average supérieur de huit buts à celui de son rival, les Skyblues savent qu’un succès lors de leur dernière rencontre leur assurera le titre. De son côté, United doit faire un meilleur résultat que City et prie donc pour un faux pas des Citizens.

Un dernier match de dingue

A l’Eithad Stadium, City reçoit les Queens Park Rangers. A quelques centaines de kilomètres au Nord, les Red Devils se déplacent à Sunderland. Dans ce duel à distance, c’est United qui frappe le premier, par l’intermédiaire de Wayne Ronney (1-0 ; 20e). De leur côté, Vincent et Kompany entament péniblement leur rencontre. Mais, profitant d’une faute de main du gardien des Queens Park Rangers, Zabaleta marque son premier but de la saison. (1-0 ; 39e) et assure virtuellement le titre à son équipe. A la mi-temps, City est champion.

Dès le retour des vestiaires, les coéquipiers de Nasri explosent. Djibril Cissé profite d’une grosse erreur défensive et sauve provisoirement QPR qui joue alors son maintien (1-1 ; 48e). A la 54ème minute, alors que City pousse pour repasser devant, Joey Barton dispose son coude sur le visage de Tévez pour une raison aussi inconnue que le soldat enterré sous l’arc de Triomphe. Il laisse ses partenaires à dix et en position de faiblesse. Pourtant, sur une contre-attaque éclaire, QPR reprend l’avantage grâce à une superbe tête de Mackie (1-2 ; 66e). Pour City, le titre s’éloigne quasiment définitivement. Quand l’arbitre annonce cinq minutes de temps additionnel, les supporters Citizens sont déjà en train de pleurer un trophée qui va leur échapper pour la 45ème année de suite.

Alors que United se bat pour conserver le score qui va lui assurer la première place finale, Dzeko, joker de luxe de Roberto Mancini, envoie un missile de la tête dans le but adversaire, laissant présager trois dernières minutes complètement irrespirables (2-2 ; 90e+2). A Sunderland, le match est terminé. Les supporters des Red Devils exultent déjà. La fête a commencé et ce n’est pas le but de l’égalisation inscrit par Dzeko qui va faire douter le public quant à l’issue de la Premier League version 2011-2012. Tout le monde chante et saute quand tout à coup, la nouvelle tombe ! Les joueurs se regardent, c’est l’incompréhension. Une clameur s’élève de la foule…City vient de marquer un troisième but ! En effet, d’un crochet puis d’une frappe puissante, Aguero vient d’offrir à son club le but du titre au bout du bout de la saison (3-2 ; 90e+4). Le voilà qui détalle torse nu sur le terrain, complètement hystérique. L’impensable a eu lieu. En l’espace de deux minutes, Manchester City a renversé la vapeur pour devenir champion d’Angleterre. Légendaire !

Supporter de L’OL en Ligue 1 et de l’ASM en Top 14. La deuxième place, c’est pour lui.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *