Cet Ajax peut le faire

Ce soir, au Juventus Stadium, la Juve reçoit l’Ajax Amsterdam en quart de finale retour de Ligue des Champions. Après un nul 1-1 à l’aller, les Italiens semblent en léger ballotage favorable. Mais au vu du jeu déployé par l’Ajax il y a une semaine et du mauvais tour que les coéquipiers de Matthijs De Ligt avaient joué au grand Real en huitièmes, la Juve ferait bien de se méfier.

L’Ajax connaît la formule

A l’aller, l’Ajax s’est procuré énormément de situations dangereuses. Dominateurs, les Néerlandais ont eu la main sur le match et le pied sur le ballon. Avec une possession supérieure à 60%, ils ont donné une leçon de maîtrise à CR7 et les siens. Leur jeu de passes parfaitement huilé a donné le tournis à l’une des meilleures défenses d’Europe. Souvent en position de tir, les hommes de Ten Hag ont tenté trois fois plus que leurs adversaires. En cadrant six tirs contre seulement un pour les Turinois, le vice champion des Pays-Bas peut regretter son manque de réalisme. Un réalisme qui aurait indéniablement pu lui conférer un avantage conséquent.

Cependant, tout n’est pas à jeter, loin de là. L’Ajax a tenu en respect le quart de finaliste de la dernière édition. Surtout, sans cet éclair de Ronaldo avant la mi-temps, la victoire lui serait sûrement revenue. Car oui, un succès n’aurait absolument pas été démérité. Au retour, les Amstellodamois savent donc comment s’y prendre : donner le tempo du match et contrôler la rencontre.

A Madrid, quand l’Ajax avait corrigé le triple champion d’Europe, le nom de Tadic était sur toutes les lèvres, tant le Serbe avait éclaboussé le match de son talent. La différence était essentiellement venue de lui. Contre la Juve, il s’est montré bien en-dessous et cela s’est vu. Ce soir, nul doute qu’il sera titulaire. Mais en cas de mauvaise performance de sa part, Dolberg (21 ans) et Huntelaar (35 ans) offrent aussi deux alternatives intéressantes sur le banc néerlandais. Si le Serbe est très attendu, le joueur décisif ne sera peut-être pas celui qu’on attendait. Ce qu’il faut à l’Ajax c’est un tueur qui finisse toutes ses actions. Un neuf inspiré pour des supporters comblés.

Le beau jeu doit gagner

En Italie, devant plus de 40 000 personnes, l’Ajax devra éviter de déjouer. Son jeu constitue un régal qui n’est pas sans rappeler le football total instauré par Rinus Michels au début des années 70. Un style de jeu qui a offert trois Coupe d’Europe des clubs champions consécutives au club. Malgré ce retour vers le passé qui saute aux yeux, les coéquipiers de De Jong ne devront pas oublier de regarder devant. A trop se souvenir du passé, ils pourraient oublier de construire l’avenir.

Un amoureux du beau football ne peut que supporter l’Ajax. Prônant un jeu impliquant tous les joueurs et tournée vers l’attaque, cette équipe ne ménage pas ses efforts. Souvent, on a le sentiment qu’elle a un joueur en plus sur le terrain, tant ces derniers se déplacent. Véritablement, l’Ajax est une équipe. Une équipe unie autour du collectif et pas autour d’une ou deux individualités stars comme le sont de nombreuses formations aujourd’hui. Si De Jong ou Neres en sont, ils n’en restent pas moins entièrement au service de leur équipe.

A l’inverse, la Juve propose un jeu défensif peu esthétique et une unique individualité qui concentre toute l’attention : Blaise Matuidi. En Tribunes espère que cette boutade vous aura au minimum fait esquisser un sourire. Avec tout le respect qu’on doit à notre Blaisou, la star sur laquelle les projecteurs sont fixés est évidemment Cristiano Ronaldo. Lui et ses mèches blondes sont antithétiques du travail collectif que symbolise l’Ajax. Défendre n’est pas forcément son activité favorite. Là où les attaquants néerlandais reviennent à grandes enjambées pour venir donner un coup de main à leurs défenseurs ou un coup de pied aux attaquants adverses, Ronaldo s’isole sur le front de l’attaque. A l’aller, le marquage à la culotte qui a été réservé au Portugais vient renforcer cette idée que la répartition du danger n’est absolument pas la même d’une équipe à l’autre.

Opposition de style, de mentalité mais aussi de budget. Celui de la Juve représente presque six fois celui de l’Ajax. Pour vous donner un ordre d’idée, l’Ajax a un budget trois fois moins important que celui de l’OL. D’un point de vue financier, ce sera donc David contre Goliath.

Le futur veut devenir présent

A la Johan Cruyff Arena, six des douze joueurs utilisés par l’entraîneur Erik Ten Hag avaient moins de 23 ans. Sur le départ pour le Barça à seulement 19 ans, Matthijs De Ligt illustre parfaitement l’élan de jeunesse qu’on observe à l’Ajax Amsterdam. A l’aller, c’est lui qui a muselé CR7. Ses quinze sélections avec les Pays-Bas témoignent de sa précocité et surtout de l’avenir doré qui l’attend. Au milieu, De Jong constitue une autre attraction. A tout juste 21 ans, il se révèle être un maestro fabuleux. Sa technique et son toucher de balle fluidifient et collent parfaitement à la philosophie de jeu des Lanciers. Courtisé par toute l’Europe, son transfert, si il a lieu, avoisinera à coup sûr des sommes astronomiques.

A ces jeunes talents, s’ajoutent Neres (21 ans), Onana (22 ans) ou encore Dolberg (21 ans). Ces joueurs entament à peine leur carrière. Entre la fin de la dictature madrilène, la victoire des Français à la Coupe du Monde avec la plus faible moyenne d’âge et donc une potentielle qualification de la jeunesse amstellodamoise en demi-finale de Ligue des Champions, le football est peut-être sur le point de connaître un bouleversement. Qu’on le veuille ou non, les Ronaldo et Messi vont bien finir par s’éteindre. Certes, même en cas d’élimination, Ronaldo ne sera pas considéré comme fini dès le soir même. On connaît le bonhomme. Mais il faut bien un début à tout et le voir disparaître si tôt de la Ligue des Champions serait une première depuis la saison 2009-2010. Alors, l’Ajax et sa jeunesse ou la Juve et son expérience ? Demandez à Paul le poulpe.

Supporter de L’OL en Ligue 1 et de l’ASM en Top 14. La deuxième place, c’est pour lui.

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