La Coupe de la Ligue, c’est bien aussi

Paris, c’est pas Gijon, c’est pas Valladolid. Mais hier, ce ne fut ni le Bayern, ni la Juve. Tapés par des madrilènes sûrs de leur coup, les franciliens voient leur parcours européen s’arrêter début mars, en huitièmes de finale. Comme l’année dernière. Tristesse infinie.

Areola solide, Alves livide

Mercredi 7 mars 2018. Tous les clubs français sont éliminés de la Ligue des Champions. Après l’épopée monégasque de l’an dernier, les gros chèques parisiens signés cet été, il n’y a plus personne. Plus qu’une défaite, Paris a perdu une part de sa dignité hier soir. S’il lui en restait un peu.

Alphonse Areola été le meilleur parisien hier soir. Pas idéal lorsque l’on sait qu’il fallait marquer par au moins deux fois. L’attaque parisienne a été inexistante. On a eu l’impression de voir trois Nolan Roux lillois dans ses heures les plus sombres. Di Maria et Mbappé ont tenté de provoquer, de créer pendant qu’Edinson Cavani se marchait sur les pieds et marquait du genou. Ils n’ont pas réussi grand chose. Au milieu, Motta n’a pas été le plus triste mais sa lenteur l’a freiné dans sa volonté de chiper la balle aux madrilènes. Rabiot a couru mais il ne suffit pas de courir pour gagner. Sinon, Pierre-Ambroise Bosse serait titulaire au Barça. Quant à Verratti, il a éblouit le Parc des Princes de gestes techniques de grande classe avant de prendre un rouge ridicule. En sortant son petit corps tout mignon de la pelouse du Parc, il a condamné les derniers espoirs de son équipe. Paris s’est fait croquer au milieu comme rarement, manquant de fluidité, de collectif, de passes entre les lignes, de verticalité. Derrière, pendant qu’Areola maintenait Paname en vie, Dani Alves, recruté cet été pour son expérience du haut niveau, a sombré. Le papy brésilien s’est fait manger tout cru comme un vulgaire poussin.

Toujours la même histoire

Un an après Barcelone, Paris récidive. En douze mois, le PSG n’a pas progressé. Terrible constat quand des joueurs comme Neymar et Kylian Mbappé renforce les troupes et que 400 millions d’euros sont posés sur la table, quitte à jouer avec les limites du fair-play financier. Sur le papier, Paris avait de quoi regarder le Real droit dans les yeux. Les dynamiques étaient opposées, Paris détruisant week-end après week-end chaque équipe de Ligue 1 tandis que Madrid lutte pour la troisième place en Liga. Paris allait mieux que le Real avant leur double confrontation. Et il n’y a pas eu match. D’un point de vue du talent intrinsèque, les joueurs parisiens n’ont pas grand chose à envier à ce Real. Lucas Vasquez n’est pas un meilleur footballeur qu’Angel Di Maria. Casemiro n’est pas meilleur que Verratti. Quelque chose qui dépasse l’aspect sportif a fait perdre Paris.

Sur la pelouse du Parc, un évident manque de testostérone s’est fait ressentir. Cette équipe manque de patrons, de solides soldats capables de hausser le ton quand il le faut et de répondre présent dans les moments chauds. Thiago Silva est bien sympathique mais n’est pas un homme qui porte une équipe sur ses épaules. En tout cas pas une équipe qui aspire à soulever la Coupe aux grandes oreilles. Dani Alves a été recruté dans cette optique là mais ses jambes ne répondent pas aussi bien qu’il y a quelques années et il est impossible d’être crédible dans un rôle de leader quand on se fait manger par des ailiers de Ligue 1 comme un vulgaire Benoit Assou-Ekotto.

Des changements au delà de l’aspect sportif

Il faut un ou deux patrons à ce PSG là pour passer un cap. Cette équipe semble arriver à la fin d’un cycle. La question du départ d’Unai Emery ne se pose même pas, le coach espagnol ayant montré ses limites. Celle d’un transfert de joueurs comme Thiago Silva, Thiago Motta, Layvin Kurzawa voire même Marco Verratti doit se poser. Hier soir, l’équipe parisienne s’est fait éliminer par plus qu’une équipe, une institution. Paris doit apprendre la culture de la gagne et renforcer son effectif par des joueurs de devoir, des Busquets, Modric, Bonucci.

Paris marchait sur la Ligue 1 de façon robotique. Mais quand le niveau est monté d’un cran, il a suffit de quelques minutes pour comprendre que ce PSG n’était pas un cyborg. Face à Madrid, c’était trop dur. Réalité Augmentée.

 

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

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