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Le Tour s’est achevé ce dimanche sur la plus grande avenue du monde. Voici ce que l’on doit retenir de ces trois semaines de course.

Froome plus aussi impérial en montagne

Christopher Froome a eu chaud. En jaune pendant les deux tiers du Tour, le Kényan Blanc a fait la différence sur les deux chronos que proposait le parcours pour décrocher un quatrième Tour de France en cinq ans. Le leader de la Sky s’est montré moins performant que ses deux principaux rivaux en montagne. En effet, si l’on enlève les chronos, Chris Froome ne se classe que 3ème du général, à 4 secondes de Romain Bardet et 34 secondes de Rigoberto Uran. On pourra donc regretter l’abandon de Richie Porte, spécialiste du chrono, et qui aurait sûrement pu rivaliser avec Froome lors du dernier CLM à Marseille. Mais on pourra également regretter l’attitude des adversaires de Froomey lors de la 12ème étape qui menait le peloton à Peyragudes. Mal en point, le Britannique n’a été attaqué qu’à 300 mètres de la ligne, dans l’ultime ascension. Le désormais quadruple vainqueur de l’épreuve le dit lui-même : « Si deux ou trois de mes rivaux m’avaient attaqué dans Peyresourde, j’aurais perdu beaucoup plus que vingt secondes, ç’aurait pu être une minute ou plus, et j’aurais pu perdre le Tour. » 

A 32 ans, Froome est apparu bien moins fort que l’an passé et surtout quand la route commençait à s’élever. Pour la première fois, il a gagné le Tour sans remporter d’étape. Pas une seule fois il n’a réussi à s’envoler comme il le faisait les années précédentes. Son rôle de leader a d’ailleurs été contesté par Mikel Landa. Coéquipier de luxe de Froome, l’Espagnol affirme avoir « été freiné » lors de ce Tour de France. De ce qu’on a vu, on aurait plutôt tendance à croire ce que dit Landa. L’an prochain, Chris Froome cherchera à remporter sa cinquième Grande Boucle et rejoindre les Hinault, Ancquetil, Indurain et Merckx, seuls coureurs à avoir remporté cinq Tours de France. Cependant, au vu de son niveau de cette année et au vu de la montée des Bardet, Landa, Yates, Aru et Barguil, Froomey pourrait bien perdre un peu plus de temps que cette année en montagne.

Kittel, l’arroseur arrosé

Sacré Marcel ! Profitant des abandons de Cavendish et Démare et de la disqualification de Sagan, le sprinter allemand s’est offert cinq étapes. Dominateur, Kittel est apparu intouchable et a semblé se balader sur chacun des sprints au point même de sprinter sans poisson pilote. Maillot vert avec 29 points d’avance au départ de la 17ème étape, l’Allemand a été victime du chute qui l’a contraint à l’abandon. Cette dernière a largement profité à Michael Matthews. L’abandon du grand Marcel lui a quasiment assuré le maillot vert sur les Champs puisque son avance sur Greipel dépassait les 100 points. Arrivé jusqu’au bout de l’épreuve, l’Australien n’aura pas démérité son maillot. Double vainqueur d’étapes et plusieurs fois échappé en montagne dans l’optique des sprints intermédiaires, le coureur de la Sunweb nous a fait une Sagan, en allant gagner ce classement là où les purs sprinters ne pouvaient pas aller.

5 victoires françaises, Voeckler peut partir tranquille

Le départ de Thomas Voeckler est un déchirement pour tout le monde. Il a été durant ces dix dernières années le chouchou des Français et personne n’oubliera ses coups d’éclats et ses grimaces. Mais il fallait se rendre à l’évidence, Thomas commençait à faire son âge et sa retraite est une bonne chose pour son image. Pour son dernier Tour, Thomas Voeckler a pu observer l’éclosion de la nouvelle génération du cyclisme français. Il n’est plus le dernier français à avoir ramené un maillot sur les Champs. Ce dernier, c’est Warren Barguil. Double vainqueur d’étape, le Breton a écrasé le classement de la montagne et a fait preuve d’un panache exceptionnel. Comparé à Virenque et reconnu par ce dernier comme son digne successeur, « Wawa » a remporté la plus belle victoire de sa carrière au sommet de l’Izoard en attaquant à six kilomètres du sommet, et en résistant aux gros calibres du peloton. Dixième au classement général final, Barguil a animé ce Tour et a d’ailleurs été désigné « super combatif » par le jury. L’an prochain, Barguil devrait plutôt jouer le général. Avec ce qu’il a montré cette année, un podium paraît largement envisageable (surtout que lui au moins il se débrouille en CLM).

Si je fais référence au CLM c’est un petit coucou à Romain Bardet. Au niveau des meilleurs en montagne, l’Auvergnat, comme Barguil, a animé la course et longtemps laisser espérer qu’il était le successeur de Bernard Hinault, dernier français vainqueur du Tour. Plein de panache, le Français a remporté la 12ème étape dans le mur de Peyragudes. Au soir de cette étape, il pointait alors à 19 secondes de Froome, alors dépossédé du maillot jaune par l’Italien Aru. L’exploit semblait plus que possible pour Bardet. Sauf que derrière tout le monde s’est neutralisé et le français est arrivé sur le chrono à 23 secondes de Froome. La suite, on la connaît. Pas bien dès le départ de cette avant dernière étape, Romain a sauté comme une patate. Concédant près de deux minutes à Froome sur le tracé de 22,5 km, il a sauvé son podium pour une seconde. Ah la la la ! Si seulement Romain était bon dans l’exercice solitaire…Si l’on reste sur cette déception, il ne faut cependant pas oublier l’envie qu’à montrer Bardet et AG2R. Seule équipe à attaquer la Sky, l’équipe de Vincent Lavenu nous a fait plaisir et a tout tenté. Rien que pour ça, merci AG2R !

Sur ce Tour, les Français nous ont autant régalé que Nagui quand il présente N’oubliez pas les paroles. En plus de Bardet et Barguil (le double B), deux autres Français ont levé les bras : Arnaud Démare et Lilian Calmejane. Le premier s’est imposé au sprint lors de la 4ème étape. Plus fort que Kittel, le champion de France a revêtu le maillot vert et avait pour objectif de ramener ce dernier chez lui. Finalement c’est une maladie qu’il a rapporté chez lui. Dommage parce que le Français nous était apparu assez fort pour contester la supériorité de Kittel. Ce n’est que partie remise. Le deuxième est une révélation du Tour (pour le grand public). Coureur de l’équipe Direct Energie, Lilian Calmejane a raflé la 8ème étape en solitaire. Même les crampes n’ont pas arrêté le baroudeur de 24 ans qui a souvent été à l’avant lors de ce tour. A ces deux vainqueurs, on ajoutera un Tony Gallopin offensif comme jamais, un Eli Gesbert qui n’a pas eu peur malgré son jeune âge (22 ans et benjamin du Tour), un Pierre Latour solide, un Brice Feillu retrouvé, un Sylvain Chavanel qui ne fait pas son âge, un Guillaume Martin courageux et une équipe FDJ qui a réussi à finir le Tour avec 3 coureurs, suffisant pour apparaître dans le classement par équipe. Un vent de fraîcheur souffle sur le cyclisme français. Ca fait du bien !

Supporter de L’OL en Ligue 1 et de l’ASM en Top 14. La deuxième place, c’est pour lui.

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