Kiki, Jo-Will, Richie et les autres

Le tennis a repris ses droits au pays des kangourous en ce doux mois de janvier, et la première levée du Grand Chelem de la saison se déroule actuellement sous la chaleur étouffante de Melbourne. Comme d’habitude, il convient d’analyser les performances de nos petits frenchies, pour voir après 2 tours qui nous a régalé (alerte spoil : Kiki Mladenovic ne fais pas partie de cette catégorie), qui a assuré tranquillement, et qui a croqué la feuille et se retrouve en vacances prématurément.

Ils nous ont régalé

Julien Benneteau : 36 ans et toutes ses dents, Bennet n’en finit plus de nous étonner alors que l’on s’approche doucement et sûrement de la fin de la longue et belle carrière du médaillé olympique de double 2012. Jamais titré sur le circuit ATP, celui qui avait déjà illuminé le dernier Master 1000 à Bercy, où il avait atteint les demi-finales du tournoi en battant (déjà) Goffin ainsi que Tsonga, a remis le couvert face Belge, pourtant loin d’être un peintre et qui pointe tout de même au 7ème rang mondial. Le Bressan joue tout simplement un tennis de feu, et il a su mettre à profit son expérience pour mieux dompter la chaleur que son adversaire et réaliser ce qui est tout simplement la meilleure perf de sa carrière en Grand Chelem. Tout ce qui vient pour lui désormais est du bonus, et qui sait jusqu’où cette insouciance peut le mener. Dans tous les cas, son exploit est déjà un magnifique rayon de soleil pour le tennis français.

Alizée Cornet : Du côté des filles, la très grosse perf nous vient de la Niçoise, qui vient de battre la joueuse la plus en forme du circuit féminin, j’ai nommé Julia Görges, qui restait tout bonnement sur 15 victoires consécutives et était encore invaincue en 2018. Pour vaincre la 12ème mondiale, la française s’est basée comme souvent sur une hargne et une détermination sans faille, qui dans les conditions extrêmes de l’Open d’Australie lui ont permis de prendre le meilleur sur une adversaire pourtant redoutable. Contrairement à son compère Benneteau, Cornet n’est pas encore au crépuscule de sa carrière et doit se servir de cette victoire comme d’un tremplin pour la suite de sa quinzaine et sa saison. A elle de confirmer désormais.

Ils ont assuré, sereinement… ou un peu moins

 

Richie Gasquet : Le bitterois le savait dès le tirage au sort, ses deux premiers tours étaient largement à sa hauteur et le rendez-vous était pris avec un certain Roger Federer au 3ème tour. Sans forcer, le français a su faire le job sans fioriture et sans frayeur particulière pour tracer sa route jusqu’au Maître sans trembler et surtout sans perdre de force. Car pour parvenir à vaincre le tenant du titre pour la première fois depuis 2011, Ritchie aura bien besoin de toutes ses forces et de toute la magie de son soyeux revers à une main pour ne pas prendre une énième leçon. Surfer sur la confiance acquise de la victoire en Coupe Davis peut être un moteur puissant, espérons qu’il le soit assez pour voir notre Gasquet national sortir de sa raquette son meilleur tennis. RG ou RF, faites vos jeux, à la rédac notre coeur penchera toujours pour le beau RG, même si la raison ne peut s’empêcher de voir RF s’imposer. Mais le coeur a parfois ses raisons que la raison ignore, un exploit est donc toujours possible. Go Richie Go.

Jo-Will : Le grand Jo aura eu besoin de 5 sets et d’un gros combat pour se débarrasser du prodige canadien Shapovalov au 2ème tour, mais comme très souvent en Grand Chelem, il a su répondre présent et se montrer d’une solidité mentale impressionnante. Mené 5-2 dans le dernier set, il a débordé son adversaire et montré pourquoi il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, surtout quand l’ours en question joue dans le tournoi du Grand Chelem qui lui réussit le mieux. 10 ans après son merveilleux parcours qui l’avait mené jusqu’en finale ici en Australie, Big Jo a un véritable parcours du combattant devant lui s’il veut rééditer son exploit. Tsonga n’a aucune marge et ne pourra se permettre aucun faux pas, mais on peut compter sur lui pour se battre jusqu’au bout et tout donné sur le terrain, devant un public qui plus est souvent totalement acquis à sa cause (sauf peut-être dans son prochain match face au local Kyrgios, aussi talentueux qu’imprévisible). We believe in you Jo, yes you can !

Adrian Mannarino : L’homme en forme du tennis français lors du dernier trimestre 2017 confirme qu’il est désormais une valeur sûre  dans le paysage mondiale du tennis, et sa présence logique même s’il a dû batailler pour se défaire du tchèque Vesely au tour précédent. Passer un cap  se fera désormais en s’offrant le scalp d’un top player pour un Mannarino dont le parcours atypique et la personnalité attachante nous donne envie de croire encore plus en lui. Peut être la bonne surprise de ce début de saison australe pour le clan français s’il parvient enfin à s’offrir un « coup » en Grand Chelem.

Caroline Garcia : Solide pour son entrée en matière, puis beaucoup plus proche du drame au second tour, la 8ème joueuse mondiale et très solide chance de briller pour le clan français doit monter en puissance si elle veut rêver en grand pour la suite du tournoi. Le circuit WTA se cherche toujours une patronne avec l’arrêt maternité prolongé de Serena Williams, et l’élimination précoce de joueuses telles que Venus Williams ou encore Garbine Muguruza montre que le tableau féminin reste comme souvent ouvert. Si son dos laisse la française tranquille et qu’elle parvient à surfer sur son incroyable fin de saison dernière et la confiance qui en découle, elle peut créer la sensation. Alors que Marion Bartoli s’apprête à revenir sur le circuit, s’est-elle déjà trouver une successeur au palmarès des français vainqueur d’un Grand Chelem ? Réponse dans 10 jours.

Ils sont déjà dehors, mais c’est dur de leur en vouloir

Gilles Simon : Le « papy » niçois de 33 ans n’a pas résisté a des douleurs au niveau du quadriceps gauche qui l’ont poussé à l’abandon au second tour sans pouvoir défendre pleinement ses chances. Frustrant car son début de saison et notamment sa victoire dans le tournoi de Pune laissait présager de bonnes choses pour cette première levée du Grand Chelem. La suite de la saison peut néanmoins lui sourire.

Gaël Monfils : La Monf’ n’aura malheureusement pas beaucoup eu le temps de nous faire rêver, et sa défaite au second tour face au revenant Novak Djokovic est aussi logique qu’elle est frustante. Pour la 15ème fois en autant de rencontres face au serbe le français s’est incliné, non sans le gêner sur certaines séquences, allant même jusqu’à mener un set à rien, mais petit à petit Nole est parvenu à étouffer notre Gaël national pour finalement conclure l’affaire en 4 sets. Rageant car on a senti que Monfils avait les armes pour gêner l’ancien patron du circuit, mais difficile de lui en vouloir pour cette défaite dès le deuxième tour compte tenu de l’opposition.

Benoît Paire : Le spécialiste des montagnes russes malheureusement connu une sérieuse rechute après un début de saison pourtant très encourageant. Mais comme (trop) souvent BP (non on déconne c’est pas son vrai surnom) est retombé dans ses travers et s’est fait bouter de l’Open d’Australie dès son entrée en lice. Forcément décevant pour un joueur dont on attend toujours qu’il passe un cap dans les tournois majeurs. Espérons que cela soit pour Roland Garros.

Hors catégorie

Kristina Mladenovic : Tu peux perdre un match, mais pas 15… Tu peux perdre deux matchs, mais pas 15… Tu peux perdre trois matchs, mais pas 15… Vous connaissez tous les Tuches, pas besoin de vous refaire la scène, mais comment ne pas penser à Jeff Tuche lorsqu’on voit la terrible série de défaites de Kiki. Non vous ne rêvez pas, Kiki en est bien à 15 défaites de suite, une série comme on en a rarement vu, d’autant plus pour une joueuse qui pointait encore dans le top 10 mondial il y a peu ! Sans le moindre succès depuis Juillet dernier (!) la dégringolade n’en finit plus, et la française va devoir très vite stopper hémorragie sous peine de finir la saison à disputer l’Open de Saint Quentin en Yvelines plutôt que l’US Open. Courage Kiki, on croit en toi, plus que deux défaites pour égaler le record établi par la Néerlandaise Arantxa Rus entre août 2012 et juin 2013 et ainsi laisser sa trace dans l’histoire. Le champagne est déjà au frais pour célébrer l’exploit à venir. Préparez les drapeaux bleu blanc rouge, ils seront bientôt à sortir.

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