Humiliés !

Il n’y aura pas eu de match entre le XV de France et le XV de la Rose. A Twickenham, les Anglais ont donné une leçon de rugby à des Bleus complètement dépassés, s’imposant 44-8 avec le bonus offensif à la clé. L’Angleterre s’empare seule de la première place du tournoi tandis que le XV de France s’enlise encore plus dans une crise dont on ne voit décidément pas le bout.

Même pas le temps d’espérer

Pour ce 105ème Crunch de l’histoire, les supporters français n’auront eu que cinquante secondes pour rêver à un exploit. Cinquante secondes, c’est le temps que les Bleus ont mis pour perdre leur premier ballon. Sur le turn-over qui a suivi, Daly a mystifié une partie de la défense française avant de pousser au pied pour May qui a déposé le reste de la défense tricolore à la course et est allé aplatir dans l’en-but (5-0 ; 2e). Le début d’un calvaire terrible. Mené 11-3 au bout de douze minutes de jeu, le XV de France n’a pas supporté le rythme imposé par son adversaire du jour. Dominés dans les duels et maladroits, les Français ont gâché une touche à vingt mètres de la ligne anglaise qui aurait pu les remettre dans le match (20e). Deux minutes plus tard, la punition est tombée.  Dans une situation similaire, le XV de la Rose ne s’est pas fait prier pour aller marquer un deuxième essai par l’intermédiaire de May, suite notamment à un superbe travail des avants anglais (16-3 ; 24e). En feu, May y est allé de son triplé quelques minutes plus tard, profitant d’un en-avant de Parra à la réception d’une chandelle dans ses 22 puis d’un astucieux coup de pied rasant de Chris Ashton dans le dos de la défense française (23-3 ; 29e).

On a bien cru que les Bleus se réveillaient quand Penaud a inscrit en bout de ligne son deuxième essai en sélection, sur une action consécutive à un magnifique numéro de soliste de Yoann Huget (23-8 ; 35e). Mais là aussi, le pragmatisme anglais a parlé et calmé les ardeurs françaises. Suite à un énième coup de pied rasant, les hommes d’Eddie Jones ont fait la différence et c’est Slade qui a profité d’un décalage pour offrir le bonus offensif à son équipe juste avant la pause (30-8 ; 40e).

Au retour des vestiaires, les Français ont connu six minutes durant lesquelles ils ont défendu, acculés dans leur 22 mètres. Et, une fois n’est pas coutume, les coéquipiers du capitaine Guirado ont réussi à repousser les vagues blanches, se retrouvant même en position favorable car en possession du ballon à l’entrée des 22 anglais. A ce moment là, chacun espérait qu’ils se transcendent et entament une remontada à la galloise. Que nenni ! Sur un lancement de jeu anodin, Camille Lopez a éteint toute forme d’espoir en offrant sur un plateau une interception à Slade. Quelques cinquante mètres plus loin, ce même Slade a prolongé au pied pour Ashton. Plaqué sans ballon par Fickou alors qu’il filait à l’essai, l’ailier du RCT a bénéficié d’un essai de pénalité tandis que Fickou est allé réfléchir au sens de sa vie après que Nigel Owens lui ait infligé un carton jaune un peu sévère (37-8 ; 50e). La suite du match se résume à une gestion parfaite des Anglais, une entrée fracassante de Dupont qui a illuminé cette triste soirée, ainsi qu’un dernier essai d’Owen Farrell, de nouveau après un coup de pied à suivre bien senti (44-8 ; 55e).

Que faire ?

Deuxième match et deuxième défaite pour le XV de France. Si celle contre le Pays de Galles était frustrante, elle n’en restait pas moins encourageante tant les Français sont passés près du succès. En revanche, il semble quasiment impossible de relever des points positifs suite à la fessée encaissée à Twickenham. Pas prêts physiquement, absolument pas souverains dans le domaine aérien, auteurs de beaucoup trop de déchets, le XV de France s’est manqué dans tous les compartiments du jeu. A l’image d’une charnière pas inspirée, des patrons en-dedans (Bastareaud et Guirado) et une conquête défaillante, les Bleus se doivent de rebondir et il est également temps de procéder à quelques changements.

A 30 ans, Morgan Parra n’est plus le jeune insolent qui a rendu de merveilleux services à sa sélection. Quand on voit l’incroyable entrée de Antoine Dupont, il est difficile de comprendre pourquoi le n°9 du Stade Toulousain n’est pas titulaire indiscutable à chaque match. Plus globalement, les trois-quarts du XV de France sont largement au niveau international. Entre Penaud, Huget, Ntamack, Bastareaud et Fickou, le potentiel offensif de cette équipe semble vraiment intéressant. Seulement, le manque de régularité et le talent pour faire de grossières et coûteuses erreurs de chacun empêchent notre équipe de France de rivaliser face aux grosses nations. Et puis, en s’attardant sur le banc du XV de France, on observe indéniablement l’absence d’un réservoir de joueurs de très haut niveau. On retrouve aussi ce problème chez les avants. Hormis Picamoles et Guirado, le rugby français n’a aucun top joueur dont les performances apportent une entière satisfaction sur chaque rencontre.

Avec cette défaite en terre anglaise, le XV de France peut d’ores et déjà dire adieu à la victoire dans le tournoi. L’objectif de cette fin de tournoi sera sûrement d’éviter le pire en allant au moins battre l’Italie à Rome dans trois semaines. Plus que jamais, notre équipe nationale semble s’éloigner des meilleures nations mondiales. L’écart se creuse et la Coupe du Monde devient progressivement source d’inquiétude. Au Japon, une non-qualification pour les quart de finales constitueraient une désillusion supplémentaire pour l’ovalie tricolore. Voyons ce que nous réserve les trois derniers matchs mais cette Coupe du Monde arrive peut-être au pire des moments pour une équipe en manque total de repères et de certitudes.

Supporter de L’OL en Ligue 1 et de l’ASM en Top 14. La deuxième place, c’est pour lui.

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