Houston, on a un problème ?

28 Mai 2018. Après avoir réalisé la meilleure saison régulière de l’histoire de la franchise (une franchise qui compte tout de même deux titres, on ne parle pas des Kings) en cumulant la bagatelle de 65 wins, le tout mené par un James Harden qui sera élu MVP de la ligue, les Rockets vont échouer au Game 7 en finale de conf’ face aux indéboulonnables Warriors. Malgré cette défaite hautement frustrante avec notamment la blessure de Chris Paul au plus mauvais moment (le meneur All Star a loupé les deux derniers matchs de la série à cause d’une cuisse trop fragile), on se dit alors que Houston peut être la kryptonite qui fera tomber les Warriors. Leur avenir semble radieux, mais voilà quelques mois plus tard et après seulement 3 semaines de saison régulière, la superbe machine dirigée par Mike D’Antoni a sérieusement pris du plomb dans l’aile. Alors faut-il vraiment s’inquiéter pour Houston ?

Un été mitigé

L’été de Daryl Morey, le bouillant GM des fusées texanes, ne fut pas de tout repos loin s’en faut. Ce brave Daryl, aussi corpulent que capable de dynamiter un effectif en un claquement de doigts s’il flaire l’odeur du sang (comprenez une star dispo sur le marché), a dû commencé par gérer les épineux dossiers CP3 et Clint Capela. Les deux étaient free agents, et s’ils ont resigné, les Rockets ont dû faire couler l’oseille à flot : en cumulé, les deux croqueurs de diamants atteignent les 250 millions de dollars de contrat. De quoi s’acheter quelques babioles chez Tati pendant les soldes tout ça. Conséquence directe : les deux piliers défensifs de l’équipe, à savoir Trevor Ariza et Luc Mbah A Moute, sont partis voir si l’herbe (et les dollars) n’était pas plus verte ailleurs. Ryan Anderson et son contrat tout pourri sont partis se dorer la pilule du côté des Suns, en échange de quelques bricoles généreusement offertes par Phoenix. C’est là que notre Daryl a commencé à bouillonner, et se sentant proche du malaise car n’ayant pas encore signé de star, il a accéléré et récupéré un joueur bien corpulent lui aussi : Carmelo Anthony. Melo, c’est avant tout un nom ronflant, un des plus grands attaquants purs de l’histoire de la NBA (oui oui de l’histoire vous avez bien lu), mais depuis quelques années c’est surtout plus de buckets de wings au KFC que de buckets sur les parquets NBA. Défensivement on se rapproche plus du plot que de Tony Allen, aussi les doutes étaient ouverts sur le fait que les texans se soient vraiment renforcés pendant cet été, mais malgré tout la simple base CP3 – El Barbudo Harden devait suffire à enfiler les wins comme des perles. Et pourtant…

Un début de saison cataclysmique

Et pourtant, les Rockets sont tout simplement lamentables depuis le début de saison. La défense prend l’eau d’absolument tous les côtés (comme on pouvait s’y attendre), et on a l’impression que le bateau Houston coule sans que personne ne se décide à écoper un peu. Melo se rapproche plus de l’architecte (que de briques envoyées mon dieu) que du joueur de basket, mais l’ancien Knick n’est pas le seul responsable, loin de là. Plus globalement, c’est l’équipe qui semble malade. La défense est donc poreuse comme un bon gruyère suisse, mais plus inquiétant encore, l’attaque est grippée. La nuit dernière Houston n’a même pas réussi à dépasser les 80 points face à une équipe d’OKC pourtant privée de Westbrook. Le problème est profond, l’équipe mentalement atteinte, et même le coach Mike D’Antoni semble être à court d’idées et de solutions, comme le montre ses déclarations récentes d’après match : “La saison dernière, on jouait bien. A l’heure actuelle, on joue comme de la merde. On a perdu notre classe. Je suis abattu, comme tout le monde. On doit lancer le truc et être meilleurs. Je dois être meilleur moi aussi.” Difficile de faire plus explicite.

Faut-il (déjà) condamner Houston ?

Les Rockets sont donc 12èmes de la conférence Ouest et n’ont gagné que 40 % de leurs matchs. La situation est fort inquiétante, et si personne ne s’en cache au sein même de l’équipe, il ne faut pas non plus tomber dans le drama tout de suite. On le sait les choses vont (très) vite dans le sport de haut niveau, et tout particulièrement en NBA. Chez En Tribunes, on pense donc qu’il ne faut pas enterrer trop vite ces Rockets à l’effectif tout de même gorgé de talent, et que les texans emmenés par un Harden à nouveau stratosphérique vont revenir dans les premières positions de la conférence Ouest. Oui mais voilà, les failles béantes apparues depuis le début de saison sont tout sauf anodines. Les Rockets seront forts, et le simple fait de devoir taper Harden et CP3 sur une série au meilleur des 7 matchs est loin d’être aussi facile que de se taper une Kardashian quand on est un joueur NBA. Malgré tout, la défense des Rockets s’est vraiment trop affaiblie pour véritablement leur permettre de retrouver leur équilibre de la saison dernière, et l’écart avec les Warriors semble surtout s’être creusé depuis ce fameux 28 mai dernier.

Un move surprise de Daryl Morey pourrait cependant intervenir dans les semaines à venir pour secouer le cocotier et donc rapprocher les Rockets du titre. On pense bien évidemment à Jimmy Butler, dont la venue ferait immensément de bien, mais contre qui pourrait-il bien arriver ? La question reste ouverte, à voir désormais si Daryl le magicien peut se transformer en Houdini une fois de plus et nous sortir un lapin de son chapeau magique pour sortir ses Rockets de la panade.

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