Histoire d’une surfeuse pas assez belle pour les sponsors

Silvana Lima est une surfeuse professionelle brésilienne qui ne trouve pas de sponsors car elle ne correspond pas aux critères de beauté des marques. La surfeuse de 31 ans de 1m54 pour 56 kg pourtant très titrée est parvenue difficilement à financer ses projets pour pouvoir suivre les compétitions internationales. Elle avait évoquéses difficultés à la BBC.

Qui est Silvana ?

La brésilienne à la peau bronzée et tatouée a été sacrée 8 fois championne du Brésil et deux fois vice championne du monde. Elle est en effet arrivée 2ème au niveau mondial en 2008 et 2009 mais aussi 3ème en 2007 ou encore 4ème en 2010. Pourquoi n’en a-t-on pas plus entendu parler ? Parce qu’elle n’est pas suivie par les sponsors et donc très peu affichée.

La triste réalité de l’économie du sport

En effet le surf féminin est visible dans les médias notamment pour son côté sexy et le suivi des sponsors. Aujourd’hui on est plus sur des surfeuses/mannequins voire plus mannequins que surfeuses. Certaines, comme Alana Blanchard ou Anastasia Ashley ne font parler d’elles uniquement pour leur mannequinat et leurs contrats avec leurs marques de maillots et autres. Sur le plan sportif elles sont loin d’être les plus titrées et les plus performantes. Aujourd’hui leur vrai fond de commerce est le mannequinat et non le surf. Tout est question de communication et notamment de gestion des réseaux sociaux. A l’opposé de cette situation on retrouve donc Silvana Lima avec son surf très sportif et masculin. Surfant très souvent avec des hommes, son style s’en fait ressentir. Très aérienne et agressive elle a su faire la différence chez les femmes. Mais malheureusement, ne correspondant pas aux normes de mannequinat, aucun sponsor n’a souhaité la suivre. Elle a donc longtemps été en difficulté pour suivre les compétitions qui se déroulent aux 4 coins du monde

Un financement alternatif

La brésilienne n’a jamais baissé les bras et s’est lancé dans un projet original pour lever des fonds. A défaut de poser en bikini elle a mis en place un élevage de bulldogs français. Ce projet lui a permis de partir à l’étranger et notamment en Nouvelle-Zélande où elle a remporté la compétition. C’est une vraie démonstration d’acharnement que nous montre la surfeuse qui se bat pour que le surf s’illustre comme un réel sport, d’autant plus qu’il sera présent aux prochains Jeux Olympiques.

Un coup de gueule

Il y a plus d’un an, Silviana est passée à la BBC et a poussé un vrai coup de gueule. Révélant au grand jour sa situation, elle dénonce les problèmes de l’argent dans le sport. On ne parle pas de la corruption de la Fifa mais tout de même de problèmes financiers de grande ampleur. Il est vrai que le sport, depuis sa professionnalisation, génère beaucoup d’argent. Et aujourd’hui, la situation de Silvana montre bien que ce sont les grandes marques et l’argent qui dominent le sport. Ce sont ces financements qui décident de l’image des champions internationaux. Mais ce n’est pas la seule situation qui énerve la surfeuse brésilienne qui évoque aussi le sexisme dans le sport. Il est vrai que ce soit dans le surf ou autre sport, les hommes ont des moyens biens plus conséquents que les femmes. Dans le milieu du surf, les hommes n’ont pas ce souci de sponsoring ou de mannequinat et parviennent aisément à suivre les compétitions et peuvent donc se consacrer pleinement à leur sport et hobbies. C’est une triste réalité que Silvana et d’autres sportives subissent. Mais la situation et les mentalités commencent à changer doucement.

Une lente évolution

Depuis cette révélation à la BBC en 2016, la surfeuse a trouvé un sponsor qui la soutien. Les valeurs uniques de cette surfeuse ont attiré l’attention de certains et cela a permis à une marque partageant les mêmes valeurs de signer un contrat. Elle même préfère divulguer certaines valeurs que de s’afficher pour son corps :

 

 « J’ai toujours surfé avec des garçons et mon but a toujours été de surfer comme eux »

« Porter des lentilles pour avoir les yeux bleus, me faire mettre des implants mammaires et teindre mes cheveux ? Personne ne m’aurait reconnu. Ça ne serait plus moi ».

Amateur de sport extrême, quand il cherche un glacier, c’est pas pour prendre un cornet vanille-pistache mais pour le descendre en snowboard.

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