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C’est un peloton endeuillé par la mort récente de l’italien Michele Scarponi, tué dans un accident avec un camion récemment, qui s’élance aujourd’hui à l’attaque de la centième édition du Giro, et le moins que l’on puisse dire c’est que ce Tour d’Italie a tout pour envoyer du lourd pendant les 3 semaines à venir. Des champions de la trempe de Quintana à Nibali, en passant par certains des plus grands espoirs de demain (Adam Yates, Bob Jungels…) sans oublier notre français national Thibault Pinot qui briguera un second podium sur un grand tour. Petite revue d’effectif des favoris et outsiders du premier sommet de cette saison cycliste.

Les tauliers :

Ils font partie des meubles ou presque, et pour eux, tout autre résultat qu’une victoire serait un échec cuisant. Focus sur ceux que la rédaction voit comme les deux grandissimes favoris à la victoire finale.

Nairo Quintana : Le grimpeur de poche colombien revient sur les terres qui l’avaient sacré en 2014 lors de son unique participation. Le grand objectif de sa saison reste encore et toujours le Tour de France, et il a décidé cette année de changer son approche du rendez-vous de juillet pour enfin triompher sur la Grande Boucle ou Chris Froome lui résiste encore et toujours. Il est, avec Nibali, le seul ancien vainqueur d’un Grand Tour du plateau, et il semble être de loin le meilleur grimpeur du lot. Ses relatives faiblesses en contre-la-montre peuvent évidemment lui jouer des mauvais tours mais son incroyable capacité à finir très fort sur la dernière semaine tout comme l’énorme équipe dont il dispose pour l’accompagner sont autant d’atouts devant lui permettre de surpasser la concurrence et ramener un deuxième maillot rose au pays.

 

Vicenzo Nibali : Si Quintana devra se méfier d’un homme, ce sera certainement lui. L’italien est sur ses terres, et il est en quête d’un doublé (il est tenant du titre) inédit depuis 1992-1993 et le regretté Marco Pantani. Soutenu par tout un pays, il a, contrairement au colombien, choisi d’axer sa saison entière sur cette épreuve. Vainqueur de tous les Grand Tour possibles, cette 100ème édition représente pour lui l’occasion d’écrire encore un peu plus son nom dans les livres d’histoire. Il courra aussi en mémoire de son défunt coéquipier Scarponi, à qui il aura à cœur de dédier une éventuelle victoire. Il est un candidat plus que crédible pour réaliser la passe de trois à domicile (il a aussi remporté l’édition 2013). Son début de saison est moins flamboyant que celui de son rival de la Movistar mais il a pris l’habitude d’arriver caché pour mieux crucifier ses adversaires sur la route.

Les outsiders :

Pas favoris chez les bookmakers, ils ont néanmoins de quoi dynamiter la course.

Thibaut Pinot : Tous les espoirs du clan français sont placés sur les épaules du grimpeur de la FDJ. Après avoir émerveillé la France toute entière et fini sur le podium du Tour de France 2014, le Franc-Comtois éprouve toutes les peines du monde à confirmer (pas un seul top 15 sur un Grand tour depuis !). Alors cette année, il a décidé de casser sa routine et de s’aventurer sur les routes d’un Giro qu’il n’a jusqu’à présent vu qu’à la télévision. Le plateau un poil moins dense que sur les routes françaises en Juillet font de lui un candidat plus que crédible pour le podium dans 3 semaines. Il a montré des choses intéressantes lors de son début de saison (podium au général et une victoire d’étape lors du Tour des Alpes et du Tour d’Andalousie). Son coup de pédale en montagne semble intacte et il semble au niveau des meilleurs grimpeurs du monde lorsqu’il a « la patte » comme on dit dans le peloton. Ses progrès en contre-la-montre (champion de France en titre) doivent lui permettre de limiter la casse sur ce terrain là aussi, voir reprendre du temps s’il est dans un bon jour. Allez, on se mouille et on annonce au moins un top 5 voir un podium ! C’est ici que vous l’aurez lu en premier (Thibaut, maintenant faut assumer gamin).

 

Steven Kruijswijk : En voilà un qui nous avait tous surpris l’an dernier. Sans une vilaine chute quelques jours avant l’arrivée finale, le néerlandais aurait très certainement pu savourer son premier succès de grande envergure. Mais il avait donc finalement fini à une rageante 4ème place, et cette année, son ambition est claire : faire encore mieux. Il monte en régime, en est déjà à son 6ème Giro, est dans la force de l’âge à 29 ans… Bref, il a toutes les cartes en main pour jouer les troubles fêtes. Excellent grimpeur, il va trouver à qui parler et de ses capacités à faire la différence en montagne découlera sûrement sa capacité ou non à finir sur le podium, qui plus est au vu de ses faiblesses contre-la-montre. Souvent placé, jamais gagnant, est-ce enfin la bonne pour ce brave Kruisjwijk ? On espère secrètement que non car son nom est aussi dur à orthographier que Chris Froome est dur à battre depuis plusieurs saisons. Pour tous les journalistes du monde, fais un geste Steven, ne brille pas trop.

 

Geraint Thomas : Dans l’ombre un peu trop envahissante à son goût de Froome chez les Sky, il veut désormais voler de ses propres ailes comme un ado veut quitter le domicile familial. Mais voilà, c’est bien beau les illusions mais on ne s’improvise pas leader d’une équipe en quelques jours (demandez à Richie Porte, qui depuis son départ de chez Sky a connu quelques victoires mais surtout un bon paquet de déconvenues). Il compte malgré tout quelques atouts dans sa besace. En plus d’être un excellent rouleur (ancien pistard, c’est un client très très sérieux lorsqu’il faut faire tourner les jambes tout seul dans le chrono) il va assurément créer des écarts sur les deux étapes de contre-la-montre, il dispose également d’une véritable armée en montagne (Landa, Rosa et on en passe) qui va essayer de l’emmener le plus loin possible. Mais il n’est pas un coureur taillé pour la montagne et comme face à une fille que l’on découvre sans maquillage et en ayant décuvé en lendemain de soirée, le retour à la réalité peut s’avérer brutal. Il a assurément de quoi faire top 10, mais accrocher le podium dont il rêve directement ? On y croit guère, allez Geraint fais pas ta pince ! Laisse la place à Thibaut sur le podium.

Les ptits jeunes :

Ils ont les dents qui raillent le parquet et une faim de loup. Prêts à tout dévorer, ils doivent encore montrer qu’ils ont troqué leurs dents de lait pour des vrais crocs acérés.

Adam Yates : 4ème du dernier Tour, le britannique fait partie de cette nouvelle génération qui ne veut qu’une seule chose : déloger les leaders actuels du peloton et bouleverser la hiérarchie établie. Il grimpe comme peu et doit pouvoir limiter la casse sur les chronos, il aura moins de pression que sur le Tour. En bref, le frère de Simon Yates a le matos pour éblouir le monde du cyclisme et éclabousser tout le monde de sa classe. La fougue de la jeunesse peut cependant se retourner contre lui, et il manque d’expérience malgré son excellent dernier Tour. Son équipe est faiblarde pour ne pas dire en papier mâché, mais il apparaît quoi qu’il arrive comme le grandissime favori pour le maillot de meilleur jeune, ce qui serait déjà un (très) beau lot de consolation s’il n’atteint pas son objectif de finir sur le podium.

 

Bob Jungels : A l’instar de Kruisjwijk (décidément quel enfer à écrire ce nom bordel), il a été l’une des très belles surprises du Giro l’an passé. Sa 6ème place finale et ses 3 jours en rose ont fait passer ce luxembourgeois aux allures de gamin dans la caste des futurs potentiels vainqueur sur un Grand Tour. Ca sera trop court pour cette année à priori, mais le parcours peut lui parvenir à la perfection avec les deux chronos où il devra creuser l’écart et espérer tenir le plus longtemps possible en montagne. Le seul rival crédible de Yates pour le maillot de meilleur jeune est là pour apprendre et continuer son apprentissage, mais il ne vient pas jouer à la belote et ce Giro est bel est bien le point culminant de sa saison. A suivre de très très près donc.

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