Une finale de déglingos et Nadal a bien failli laisser filer l’US Open

Ce dimanche, le Court Arthur Ashe a été l’antre d’un combat de gladiateurs terrible entre Rafael Nadal (n°2) et Daniil Medvedev (n°5). Au terme de 4h51 d’un spectacle magique, c’est finalement l’Espagnol qui a levé les bras et s’est adjugé le quatrième US Open de sa carrière en s’imposant en cinq sets (7-5, 6-3, 5-7, 4-6, 6-4). Retour sur un match au scénario hitchcockien.

Un match renversant

Pour sa vingt-septième finale en Grand Chelem, Nadal a vécu une rencontre surréaliste. D’abord dominateur, le Majorquin a étouffé Medvedev. Incapable de relever le défi physique proposé par l’Espagnol, le Russe est apparu bien en-dessous de son adversaire du jour, se retrouvant rapidement mené deux manches à zéro avec un break en sa défaveur dans le troisième set. A ce moment-là, personne n’imaginait que les deux hommes seraient encore sur le court deux heures plus tard.

Et pourtant…Mené 3-2 dans la troisième manche, Medvedev a immédiatement débreaké avec ce qu’on pensait alors être ses dernières forces, l’énergie du désespoir. Le Russe a soudain paru plus fort, surtout quand à 4-4 il s’est retrouvé mené 30-40 sur sa mise en jeu. Audacieux, le nouveau 4ème joueur mondial s’est appuyé sur son jeu à la volée pour écarter deux balles de break et rester ainsi dans le match. En sursis jusque là, Medvedev, est tout à coup entré en état de grâce. En feu, il est devenu intouchable, se procurant trois balles de set sur le service de de l’Espagnol à 6-5. D’un coup de canon revers long de ligne, il a relancé la rencontre et recollé à deux sets à un.

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Novice à ce niveau de la compétition, le jeune joueur de 23 ans ne s’est pas démonté. Sur sa lancée, il a bien failli breaké sur le premier jeu de l’Espagnol. Moins souverain Rafa a dû s’arracher pour égaliser à un jeu partout. Sur la défensive, le numéro 2 mondial a laissé transparaître une fébrilité rare. Après avoir manqué deux balles de break à 2-2, Nadal s’est complètement désuni. Alors qu’il servait pour revenir à 5-5 et menait 40-15, il a perdu quatre points consécutifs. Reculant de plus en plus, il a subi la rébellion du géant d’un mètre quatre-vingt-dix-huit. Surpuissant, le Russe a lâché un missile en revers sur sa première balle de set. Un coup sorti de nulle part qui a laissé Nadal sur place et a emmené le public vers un cinquième set décisif.

Dix-neuvième Grand Chelem pour Nadal

Comme au début du quatrième set, Medvedev est entré tambour battant dans l’ultime manche. Sur son nuage, l’ouragan semblait inarrêtable. Il a d’ailleurs fallu un grand Rafa pour sauver trois balles de break sur son premier jeu de service. Des balles de break que Medvedev pourra longtemps regretter. Car par la suite, Nadal a repris le dessus. Grâce à un mental extraordinaire, le Majorquin a breaké à 2-2 tandis que le Russe menait 40-0. Quelques minutes plus tard, face à un adversaire désemparé, l’Espagnol s’est offert un double break et le droit de servir pour le titre.

Comme si cela n’était pas assez fou, le destin a refait basculer le match. Sanctionné pour dépassement de temps au service, Nadal a commis deux double fautes dans le même jeu, relançant Medvedev. A 5-3 sur son service, le quatrième joueur mondial a sauvé deux balles de match d’un énième revers gagnant puis d’un service volé très osé sur deuxième balle. De nouveau en position de servir pour le match, Nadal s’est fait une grosse frayeur en concédant une balle de break. Mais, galvanisé par l’enjeu, l’Espagnol a finalement remporté ce match de folie, conclu par un service gagnant.

A 33 ans, Nadal remporte donc son quatrième US Open après 2010, 2013 et 2017. Il revient à la hauteur de John McEnroe également quadruple vainqueur de l’épreuve. Mais surtout, Nadal se rapproche dangereusement du record de Roger Federer et ses vingt Grand Chelem remportés en carrière. A New York, le roi de la terre battue a décroché son dix-neuvième Grand Chelem. Au vu de sa prestation hier soir, il apparaît comme une évidence que Nadal n’a pas remporté son dernier majeur.

Un match de légende

A trois minutes près, cette finale constituait la plus longue de l’histoire de l’US Open, le record étant détenu par Andy Murray et Novak Djokovic qui avaient lutté pendant 4h54 en 2012 contre 4h51 hier soir. Symbole d’une finale de légende, la longueur de ce duel qui représente près d’un tiers du temps passé sur le cours par Rafael Nadal lors de cet US Open (environ 17h). C’est dire si Medvedev fût monstrueux. Un Medvedev qui est passé tout près d’un exploit que seul l’Italien Fabio Fognini a réalisé (à l’US Open 2015) ; remonter deux sets à Rafael Nadal puis l’emporter. Malheureusement pour lui, il lui a sûrement manqué cette expérience, l’expérience des grands champions, celle qui permet à celui qui est peut-être moins fort de s’imposer.

Sur le plan tennistique aussi, ce fût fameux. Une intensité folle, des rallyes interminables et spectaculaires avec des montées au filet, des coups gagnants à la pelle et des défenses héroïques de chaque côté. Ajoutez à cela ce scénario haletant avec un novice qui pour sa première finale en Grand Chelem, fût en capacité de bousculer le grand Nadal. Un seul mot pour cette finale : légendaire !

 

 

Supporter de L’OL en Ligue 1 et de l’ASM en Top 14. La deuxième place, c’est pour lui.

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