De Dunn à Ingram en passant par Bender : saison compliquée pour les rookies

Même si un rookie n’est pas amené à jouer énormément, on peut attendre d’un top 5 de draft un certain apport immédiat. La dernière cuvée de la draft NBA déçoit. Analysons les arrivées dans la ligue des 5 premiers choix de la dernière draft. Tous plus décevants les uns que les autres.

N°1 : Ben Simmons – Philadelphia Sixers (Aucun match joué)

L’australien est hyper talentueux, c’est indéniable. Il apportera sûrement beaucoup aux Sixers et est peut-être le gros joueur que Philadelphia attend depuis longtemps et qui peut lui permettre de passer un réel cap. Problème, Simmons s’est fracturé le pied fin septembre et les Sixers veulent être prudent avec leur pépite australienne. Pas sûr que le joueur ultra-polyvalent ne foule un parquet NBA cette saison.

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A la manière d’un Giannis Antetokounmpo du côté de Milwaukee, Big Ben Simmons peut jouer à tous les postes. Il court vite, saute haut et a une vision du jeu lui permettant de gérer le tempo et de mener son équipe. Son absence de shoot peut être handicapante mais du haut de ses vingt ans, Simmons a tout le temps de progresser dans ce domaine et peut compenser par ses qualités athlétiques et sa lucidité offensive.

Impossible de juger Simmons qui n’a pas encore joué et n’est forcément pas décevant. Mais on attendait que l’ancien Tiger de LSU permette à Philadelphia de progresser. Il le fera sûrement mais les Sixers doivent attendre, encore. Ils peuvent se ravir du début de saison et carrière de Joël Embiid, monstrueux depuis le premier entre-deux mais fantasment déjà sur l’éventuel duo qui pourrait faire remonter Philly vers les sommets de la NBA.

N°2 – Brandon Ingram – Los Angeles Lakers (27,6 min, 7,7 pts, 4,1 rbds, 2,0 ast)

Le filiforme ailier des Lakers, choisit en 2ème position lors de la dernière draft, apporte peu aux angelinos. L’ancien de Duke, très intéressant sous les ordres de coach K, n’est pas au niveau attendu. Sa sélection à la seconde place paraissait logique en juin dernier mais Ingram doit encore prouver beaucoup de choses pour justifier ce choix.

Gros scoreur avec les Blue Devils avec des pourcentages très intéressants, Ingram a des difficultés à s’adapter au jeu NBA. Avec seulement 7,7 points par match malgré un gros temps de jeu, l’ailier marque dix points de moins par match que l’année dernière. Surtout, ses pourcentages chutent, passant de 44,2% à 36%. De plus, il ne rentre rien à 3 points, shootant à 25% alors qu’il rentrait 41% de ses tentatives la saison dernière.

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Trop maigre pour ligue de plus en plus physique, Brandon Ingram doit prendre du muscle et c’est ce qu’il commence à faire. Du haut de ses 2,06m, il fut pesé à 86 kilos le soir de la draft. Bien trop peu pour un ailier NBA. Il va falloir se muscler en faisant attention à ne pas faire une « Ben Simmons », c’est à dire vouloir prendre trop de poids rapidement et se blesser.

Le jeune homme de 19 ans a un potentiel intéressant, c’est certain. Mais il va falloir tout mettre en oeuvre pour grimper dans la rotation de coach Luke Walton et s’imposer comme une réelle arme pour que les Lakers retrouvent une pointe de magie. Pour progresser, Brandon devra prendre bien plus qu’Ingram.

N°3 – Jaylen Brown – Boston Celtics – (13,2 min, 4,8 pts, 1,9 rbds, 0,6 ast)

Drafté à la troisième place par les Celtics, qui avaient récupéré le choix de Brooklyn, Jaylen Brown a, pour l’instant, un apport aussi maigre que son short est court. Malgré des qualités défensives utiles et un comportement exemplaire, l’arrière/ailier de Boston est un poids en attaque.

Discret et timoré en dehors des parquets, Jaylen Brown l’est encore trop lorsqu’il les foule. Aussi à l’aise devant les caméras qu’un Kawhi Leonard, Brown est, comme l’ailier des Spurs, d’abord un défenseur. Contrairement à Leonard, Brown n’apporte que peu offensivement et n’est pas son égal dans la tâche défensive. Brown joue 2 fois que Brandon Ingram et ne peut s’exprimer totalement. Son temps de jeu se justifie par son apport faible dans une équipe qui ne peut pas se permettre de perdre du temps à développer ses jeunes pouces.

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Barré sur les lignes arrières par Marcus Smart, Avery Bradley, Gerald Green ou Jae Crowder, Brown doit attendre car il aura l’occasion, c’est certain, de montrer plus. La NBA n’est pas la NCAA et l’ancien Golden Bear de California n’a pas les mêmes responsabilités qu’à l’université où il était leader de son équipe. Brown aura les opportunités et doit pour l’instant se contenter d’une place de presseur de citrons sur le banc des Celtics, qui aspirent à jouer les premiers rôles de la conférence Est.

N°4 – Dragan Bender – Phoenix Suns (12.3 min, 3.1 pts, 2 rbds, 0.4 ast)

Jamais titularisé par Earl Watson cette saison, le croate a du mal à franchir le cap NBA. Sélectionné en 4ème position par les Suns en juin dernier, Bender est moins utilisé que Marquese Chriss, ailier fort également et pourtant sélectionné à la 8ème place par Phoenix.

Ailier-fort moderne, très grand mais capable de s’écarter pour shooter, l’ancien joueur du Maccabi Tel Aviv a tout pour s’installer durablement dans la ligue. A 19 ans, Bender a le temps de progresser et s’acclimater au rythme si effréné de la NBA.

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Cependant, le fait de ne pas être titulaire dans l’une des pires raquettes d’une des pires équipes de la ligue n’est pas forcément une bonne nouvelle pour le géant croate, seulement en concurrence avec Tyson Chandler, Alex Len, Jared Dudley et le rookie Marquese Chris.

Le temps ne presse pas tant que ça pour Bender il va falloir montrer des choses plus intéressantes pour espérer s’imposer dans l’Arizona.

N°5 – Kris Dunn – Minnesota Timberwolves (16.9 min, 3.9 pts, 2.2 rbds, 2.5 rbds)

Depuis trois saisons, c’est la même rengaine du côté du Minnesota. Les Wolves sont attendus mais déçoivent. Cet exercice 2016-2017 n’est pas parti pour déroger à la règle. Malgré des jeunes joueurs talentueux comme Karl-Anthony Towns ou Andrew Wiggins, Minny ne gagne pas.

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Kris Dunn, ancien meneur de Providence, devait redonner un peu d’air à ces Wolves. On l’annonçait devant Ricky Rubio dans la hiérarchie pour mener le jeu mais, après deux mois de compétition, il n’en n’est rien. Titulaire à cinq reprises, à chaque décevant, Dunn déçoit dans son apport en attaque. Doué défensivement, il compense ses lacunes offensives par ses qualités de l’autre côté du parquet.

Déjà âgé de 22 ans, Dunn est vieux pour un rookie et on ne lui accordera pas autant de temps qu’aux petits jeunes pour s’imposer dans la rotation de Minnesota. Malgré quelques perf’ intéressantes, comme ses 15 points face aux Spurs, Kris Dunn doit plus scorer pour passer devant Rubio et porter les Wolves vers les playoffs.

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

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