Comment Pontivy va sortir le PSG

 Pour le compte des trente-deuxièmes de finale de la Coupe de France, le GSI Pontivy s’apprête à recevoir l’ogre parisien. Petite commune bretonne perdue à une cinquantaine de kilomètres de Lorient et Vannes, la commune sera en émoi le temps d’une soirée. Si leurs chances de succès sont minimes, ils auraient tort de ne pas y croire. Pour En Tribunes, la magie de la Coupe de France va opérer comme jamais. C’est ici que vous l’aurez lu en premier : Pontivy va éliminer le grand PSG ! Comment cette ville de moins de 15 000 habitants va-t-elle réaliser un impensable exploit ? Récit d’un match déjà historique.

Verratti, l’erreur bête

Bien décidé à faire tourner, Thomas Tuchel instaure un 3-4-3 bien senti. Derrière, Kimpembe, Silva et N’Soki sont en charge d’assurer une soirée tranquille à Alphonse Aréola. Au milieu de terrain, Tuchel titularise le revenant Kurzawa à gauche et le tout jeune Colin Dagba à droite tandis que Verratti est positionné légèrement derrière Draxler dans l’axe. Devant, Di Maria et N’Kunku occupe respectivement les flancs gauche et droit de l’attaque parisienne. La pointe de l’attaque est confiée à l’international camerounais Choupo Moting alias Chupa Chups.

Dans les vestiaires la pression monte. Kimpembe se relaxe à base de Vegedream tandis que Kurzawa entame une chicha goût fraise et Verratti une seconde bouteille de Polia. Dix minutes plus tard, Hugues Ayivi, l’attaquant phare du GSI Pontivy donne le coup d’envoi. C’est parti et plutôt fort, même trop fort pour certains. Dès la cinquième minute, complètement bourré, Marco Verratti caresse délicatement la cheville droite d’un Pontivyen. Le milieu italien a beau justifier ce geste par le côté glissant du terrain dû à la pluie bretonne, l’arbitre ne veut rien entendre. Carton rouge direct, Paris est à dix !

Un match aussi fermé que la Poste le dimanche

Le thermomètre indique deux degrés, un froid qui n’aide pas les joueurs à nous offrir une rencontre de qualité. Alors que les Bretons restent solidaires dans leur moitié de terrain, Paris fait preuve de maladresse. Les vingt premières minutes rappellent étrangement le France-Danemark de la Coupe du Monde en Russie. Le 0-0 sent encore plus fort que les aisselles de Marquinhos et certains quittent déjà le stade car Fort Boyard a commencé. Finalement, au bout d’une demi-heure de jeu, les champions de France se réveillent. Choupo Zitoire manque un face-à-face, imité quelques secondes plus tard par Julian Draxler. Le match semble enfin s’emballer, Di Maria voit son corner rentrant heurter le poteau. Entre deux dabs, Kimpembe dépose une tête sur la transversale pontivyenne. En souffrance, Pontivy s’en sort malgré tout : 0-0 à la mi-temps.

Dès le retour des vestiaires, Paris intensifie ses efforts et la pression autour du but adversaire. Alors que Kurzawa s’hydrate à la buvette, N’Kunku prend toute la défense bretonne de vitesse avant de conclure d’une frappe surpuissante qui trompe Clément Daoudou (0-1 ; 51e). Dos au mur, les amateurs tentent de réagir en se ruant à l’attaque. Suite à une action rondement menée, Pierre-Charles Willem s’écroule dans la surface suite à une sortie hasardeuse du grand Alphonse. Carton jaune et penalty. Sans trembler, PCW se fait justice lui-même. Auteur d’une panenka qui lui vaudra le surnom de « Nouveau Zidane » dans l’édition de L’Equipe du lendemain, il remet les deux équipes à égalité (1-1 ; 67e). La suite se résume à des centres manqués de Kurzawa et des drops de Choupo. Sans idée ni inspiration, Paris est emmené en prolongations.

La folie pontivyenne

Perclus de crampes, les Pontivyens connaissent un énorme trou d’air en début de prolongations. Tout juste rentré en jeu en lieu et place de Angel Di Maria, Cavani plante un doublé en l’espace de cinq minutes et donne de l’air à ses partenaires (1-3 ; 97e). Paris gère tranquillement son match quand Ayivi vient titiller Areola quant au physique de son frère. Oubliant qu’il n’a pas de frère, Areola s’emporte contre son interlocuteur, l’insultant avec des mots pas très catholiques. Il écope de son second jaune, Paris est à neuf. Buffon étant victime d’arthrose, Dani Alves est alors envoyé dans la cage parisienne. Immédiatement solicité, il se détend et dégage en corner une superbe reprise de PCW, trois minutes avant la fin de la première mi-temps des prolongations. Malheureusement, le Brésilien retombe sur Thiago Silva à qui il casse un ongle. Le capitaine du PSG sort sur civière, inconscient. Tous les changements du PSG ayant été faits, Choupo Moting est repositionné en défense centrale. Paris va devoir tenir à huit pendant encore un quart d’heure.

Profitant de leur supériorité numérique, les Bretons réduisent l’écart grâce à un but de l’inévitable Ayivi (2-3 ; 108e). Pendant dix minutes, Dani Alves enchaîne les parades. A gauche, à droite, en bas, en haut, le Brésilien semble infranchissable. Malheureusement pour lui, Tuchel a oublié de sortir Kurzawa. Sur un cafouillage dans sa surface, le jeune latéral français panique et envoie un missile dans son propre but (3-3 ; 118e). Dans le dur, les Parisiens résistent tant bien que mal. Alors que l’arbitre assistant vient d’annoncer une minute de temps additionnel, Dani Alves met parfaitement son pied en opposition sur une frappe lointaine du capitaine breton. Dernier corner du match. PCW s’en charge. Le public retient son souffle, les enfants ne pleurent plus, les chiens cessent d’aboyer, seuls les muets parlent encore.

PAF ! Le ballon est parti. Il arrive au premier poteau. Pourtant vigilant, Choupa Chups coupe la trajectoire de la balle, détournant malencontreusement le cuir dans son propre but. Le Camerounais vient d’inscrire son premier but en Coupe, un événement qu’il s’en va immédiatement célébrer avec toute sa famille, venue en nombre pour le voir briller. De son côté, le PSG est éliminé après quarante-huit victoires de rang en Coupes nationales. L’histoire vient de s’écrire…

Supporter de L’OL en Ligue 1 et de l’ASM en Top 14. La deuxième place, c’est pour lui.

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