Cher Emiliano

D’ordinaire, les articles ne comportent pas de « je ». Celui-ci fera exception. Et désolé par avance pour le langage qui paraîtra grossier pour certains, ou totalement commun pour d’autres. Vu l’actualité, voici quelques mots destinés à Emiliano Sala.

« Cher Emiliano,

Pu*ain, fait ch*er ! Voilà ce à quoi je pense depuis ce mardi matin. Depuis que je me suis réveillé, à une heure tardive pour ne rien cacher. Et ce n’est pas la première fois que je dis ça quand on évoque ton nom. Mais là, il y a de quoi croire à une bien mauvaise blague.

Pour ne rien te cacher, qu’est-ce que tu as pu me faire du mal. Quand tu étais dans une période difficile avec le FC Nantes, c’est généralement contre mon équipe de coeur que tu te réveillais. Tu plantais un petit doublé, et hop, tu repartais tranquille, me laissant totalement dégoûté, et disant des mots très fleuris, du genre « pu*ain, fait ch*er ».

Et depuis ce mardi matin, où, voyant les notifications de mon téléphone faisant état de ta présence dans un avion qui a disparu, je me dis la même chose. Chaque sonnerie fait espérer une bonne nouvelle, et en même temps, il y a la crainte d’une mauvaise.

Tu n’étais peut-être pas mon joueur préféré, mais bon sang, qu’est-ce que tu pouvais être sacrément bon, un vrai finisseur. Ta première partie de saison était une récompense, d’ailleurs. Puis, sont venues les rumeurs de transfert. On a entendu le nom de Cardiff. La Loire ne t’attirait plus ? Tu étais lassé des Ligériens ? Des gens géniaux soit dit en passant (et je ne dis pas ça parce que j’en suis un, enfin presque). Toujours est-il que tu avais fait tes affaires, et quitté le championnat de France.

Tu as laissé, ce lundi, tes anciens partenaires, après un dernier passage au centre d’entraînement. Il reste une merveilleuse photo, où l’on peut voir à quel point tu étais attaché à cette équipe. Il reste des images de ta hargne, celle que j’ai aimé détester quand elle intervenait face à l’équipe que j’aime. Car oui, il y a des fois tu m’as plombé le moral. Depuis les tribunes, depuis mon canapé, et aussi depuis mon téléphone (« Tu ne vas pas aimer, Sala a planté » sur MPG, les vrais savent).

La photo postée sur Twitter par Emiliano Sala, après avoir dit au revoir à ses anciens partenaires nantais, lundi 21 janvier.

Ta grinta, tout droit venue d’Argentine. Cette détermination, ce regard du buteur… Tant de choses qui font de la peine au moment d’évoquer les récents événements. Alors oui, les recherches vont continuer. Mais les espoirs s’envolent, petit à petit. Tes craintes, dont tu as fait part avant le décollage à Nicolas Pallois, sont désormais les nôtres, dans une autre mesure. Et ça, pu*ain, ça fait bien ch*er.

Si jamais tu doutais de toi, de l’amour que les supporters nantais pouvaient avoir pour toi, de l’affection que pouvaient avoir tes partenaires, tes adversaires, et les suiveurs du football pour toi, ce mardi, il t’ont donné de quoi penser le contraire. Et tu le verras quand tu reviendras. Car tu reviendras hein ? Ça ne peut pas se finir comme ça. Non, vraiment.

On pense à toi, en espérant de bonnes nouvelles. À bientôt, Emiliano. »

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