[Cartouche] Le caprice d’Adrien

Pauvre chaton. Adrien Rabiot, déçu de ne pas être dans les 23 sélectionnés pour la Coupe du Monde, a tapé du poing sur la table. Le beau chevelu n’est pas satisfait de son rôle de suppléant et a envoyé un courriel à Didier Deschamps pour lui indiquer qu’il ne fallait plus compter sur lui dans cette position. Adri, c’est titulaire, à la limite remplaçant, mais jamais moins. Lui qui s’apprêtait à rendre un bel hommage à notre rédaction en regardant la Coupe du Monde en tribunes, mérite qu’on lui rende la pareille. Adrien, cette cartouche est pour toi.

Rendez-vous début juillet dans le Vaucluse

Bah alors ? Il est pas content le Duc ? Il estime qu’il mérite mieux ? On est bien d’accord sur le fait que le bel Adrien a dû mordiller ardemment et longuement ses bouclettes lorsqu’il a vu le nom de Steven N’Zonzi dans la liste de Deschamps et pas le sien. Sa déception, aussi immense soit elle, est totalement compréhensible. Comme celles d’Alexandre Lacazette, Dimitri Payet ou Lucas Digne. Ne pas être satisfait, ne pas comprendre, c’est l’apanage de tout sportif de très haut niveau qui esquisse un été doré mais qui passe finalement à côté du rêve d’une vie. Être déçu, soit. Envoyer une mail à la Dech’ pour indiquer son refus d’être présent dans la liste des suppléants, non. Adrien, tu es hors-jeu.

A Cavaillon les 7 et 8 juillet prochain, c’est la fête du melon. On conseille aux organisateurs de lancer une petite invitation au bel Adrien. La tête grosse comme une pastèque, le milieu de terrain du PSG a terni son avenir en équipe de France. Tout seul. Comme un grand garçon. Très solide dans l’entrejeu parisien cette saison, où il a encore pris du galon au sein d’une grosse écurie européenne, l’espoir de participer à la Coupe du Monde était immense. La déception jeudi dernier aux alentours de 20h30 lorsqu’il s’est branché sur TF1, encore plus.

Pas convaincant en bleu

Le garçon était colère et le week-end n’a pas apaisé ses ardeurs. Lundi, Didier Deschamps a reçu un joli petit mail signé du doux nom d’Adrien Rabiot. Contrairement à ce que lui conseillait ses proches, il a fait part au sélectionneur de sa décision de ne pas vouloir faire partie de la liste des suppléants. Il pensait mériter mieux. Donc Adri a pris son smartphone et a mis au courant Didier. “Rabiot a fait une énorme erreur, c’est sa décision. Il l’assume” a indiqué coach Did’ en conférence de presse aujourd’hui. 

Deschamps s’est justifié de la non-sélection du Duc en évoquant ses apparitions décevantes voire plus sous le maillot bleu : “Ses performances en sélection n’ont pas du tout été du même niveau qu’avec le PSG”. Dur. Mais pas faux. En six matchs, Rabiot n’a jamais été étincelant. Son absence, certes surprenante, n’est pas une aberration et se défend. Et même si elle était grotesque, rien ne justifie l’acte de Rabiot.

La balle dans le pied

En refusant cette place de suppléant, que plus d’un milieu de terrain français envie, Adrien Rabiot s’est tiré une balle dans le pied. Et une belle balle. Une balle au moins aussi grosse que ses chevilles. D’abord, d’un point de vue personnel, pas sûr que Didier Deschamps refasse appel à lui de sitôt tant l’homme au beau sourire met en avant l’importance d’un comportement exemplaire. On ne risque pas de voir Adrien Rabiot à Clairefontaine tout de suite si Deschamps reste à la tête des Bleus. Mais Adri pénalise aussi l’équipe de France. Ses aptitudes de milieu polyvalent, relayeur pouvant dépanner en sentinelle, auraient fait le plus grand bien en cas de blessure d’un membre des 23. Tant pis, l’équipe de France devra faire sans.

Adrien a fait son caprice. Et si l’équipe de France sera pénalisée par son absence, c’est surtout lui qui sera la principale victime de sa décision. En Bulgarie, le 7 octobre 2016, il avait dû entrer en jeu prématurément. Léger dans les duels et timoré, il avait justifié sa performance par une sortie maladroite : “C’était assez dur parce qu’il faisait froid, je n’étais pas assez chaud. J’avais aussi la peur de me blesser.” Désormais en vacances, il pourra profiter d’un séjour en bord de mer dans les Caraïbes pour se réchauffer un peu.

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

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