Battre Team USA, une mission pas si impossible pour les Bleus

Battue hier par l’Australie (100-98), l’équipe de France de basket défiera demain son homologue américain en quarts de finale de la Coupe du monde. Si les Bleus endosseront logiquement le costume d’outsider face à un roster uniquement composé de joueurs NBA, ils auront leur carte à jouer. En face, Team USA a rarement semblé si fragile. 

En défense, la France a de quoi faire peur

Dimanche 1er septembre, l’équipe de France lançait son Mondial sur des bases saines en venant à bout de l’Allemagne (78-74), son bourreau en huitièmes de finale de l’Euro en 2017. Si les Bleus ont dû s’appuyer sur un Evan Fournier bouillant en fin de match, ils ont vite pris les commandes de la rencontre en limitant les Allemands à 4 points (!) dans le premier quart-temps. Après le match, Henrik Rödl, le sélectionneur germanique, rendait hommage aux barbelés français :  « Selon moi, la France est l’équipe la plus talentueuse [de la Coupe du monde] en matière de défense ». Rien que ça.

Dans ses rangs, l’équipe de France compte le double meilleur défenseur de la NBA en titre, Rudy Gobert Le pivot du Jazz a des qualités athlétiques qui font de lui le meilleur protecteur de cercle de la planète. Sa verticalité et ses 2,36m d’envergure dissuadent la plupart des arrières adverses. Plus efficace qu’un préservatif, Rudy n’aime pas quand une pénétration va au bout.

Si Team USA a une base arrière impressionnante (Walker, Mitchell, Brown, Smart, Middleton…), son secteur intérieur n’est pas son point fort. Il faudra tout de même surveiller les shoots extérieurs de Myles Turner et Brook Lopez. Contre l’Australie, Gobert a défendu trop loin d’Aron Baynes, auteur d’un surprenant 5/6 derrière la ligne à trois points. Aux côtés du géant français, Nicolas Batum excelle dans l’exercice défensif. A la mène, Frank Ntilikina et Andrew Albicy auront la rude tâche de contenir Kemba Walker, le meilleur scoreur américain. Mais les deux tricolores sont des pointures dans cet exercice et nul doute qu’un affrontement face à la meilleure nation au monde va les motiver à sortir une performance de haute volée.

De Colo, Fournier et Batum, comme contre la Lituanie

De l’autre côté du terrain, la France joue aux montagnes russes. Contre l’Allemagne, Nando de Colo est passé à côté, terminant la rencontre avec 5 balles perdues, à 0/3 au shoot avec un horrible -21 à l’évaluation. Depuis, le futur joueur de Fenerbahçe a haussé son niveau. Après 21 points contre la Lituanie samedi, le Moniteur a planté 26 pions sur la truffe des Australiens. De son côté, Evan Fournier est sur un nuage. Auteur de 31 points hier, l’arrière du Magic est en feu et si les Américains ne lui réserve aucun traitement spécifique, il ne se gênera pas pour renouer avec ses facéties offensives.

Enfin, comme depuis longtemps en équipe de France, le cas Nico Batum divise. Fidèle lieutenant de Tony Parker à l’époque où TP enflammait nos étés avec les Bleus, Batman peine à prendre son envol depuis le départ du meneur iconique. Son rendement offensif ne satisfait pas tout le monde mais il est essentiel de rappeler que Batum n’a que rarement été un go-to-guy capable de prendre les rênes en attaque et de porter une équipe sur ses épaules. Ses performances lors du match face à l’Australie (13 points, 3 rebonds, 3 passes) et encore plus face à la Lituanie (12 points, 3 rebonds) correspondent aux standards que le public devrait attendre de Batum. Pas en terme de statistiques mais en terme d’impact offensif et surtout défensif. Contre Team USA, face à des joueurs qu’il croise depuis de longues saisons NBA, l’ailier longiligne devra rééditer ce genre de performance.

L’année idéale pour l’exploit

Plus que jamais, Team USA semble prenable cette année. Lors de la phase de poules, la Turquie est passée à un cheveu de réaliser l’un des plus grands exploits de son histoire mais une improbable maladresse sur la ligne des lancers-francs a sauvé les Américains, vainqueurs sur le fil (93-92). Hier, les hommes de Greg Popovich ont eu toutes les peines du monde à se défaire de Brésiliens pourtant pas resplendissants (43-39 à la mi-temps, 89-73 score final).

Coach Pop a dû faire face à de très nombreuses défections depuis le début de l’été et doit composer avec un groupe très affaibli. Les Américains ont l’équipe la plus talentueuse du tournoi, et largement. Mais leur cohésion offensive est douteuse et contrairement à de nombreux étés où toutes les autres nations se battaient pour la médaille d’argent, Team USA ne terrorise pas. Aux Bleus d’en profiter. En cas de succès, les Français affronteraient sûrement la Serbie en demi-finale avant une potentielle finale contre leurs meilleurs ennemis espagnols. Mais la route est encore longue, très longue.

En concubinage sportif avec Dwyane Wade. Fervent défenseur du beau jeu et de la dernière passe, celle qui "fait la diff'".

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