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Toujours représenté en quart de finale depuis 2010, le tennis masculin a connu une grosse désillusion lors de cette édition 2017 des Internationaux de France. Avec seulement Gaël Monfils en huitièmes et aucun joueur en quart, les Bleus ont déçu et confirmé ce qu’on craignait. Malgré les beaux parcours de Kristina Mladenovic et Caroline Garcia chez les dames, il faut se rendre à l’évidence : le tennis français ne va pas très bien.

Tsonga, la défaite qui fait mal

Vainqueur de trois tournois (Marseille, Rotterdam, Lyon) depuis le début d’année et quart de finaliste à l’Open d’Australie, Jo-Wilfried Tsonga représentait la plus grosse chance française dans le tableau masculin. Opposé au premier tour à Renzo Olivo (ARG/n°91) le onzième joueur mondial n’a jamais réussi à développer son jeu et pour la première fois depuis 2005, il s’est fait sortir dès son premier match. Sûrement émoussé par sa victoire à Lyon la semaine précédente, le Manceau a laissé les Gasquet, Monfils et Pouille porter les principaux espoirs français. Mais cette défaite est bien plus qu’une simple élimination. Toujours au rendez-vous en Grand Chelem et notamment à Roland-Garros, la tête de file des tricolores a soudainement semblé faire son âge face à la fougue et la jeunesse de Olivo (25 ans).

Les résultats peu probants des autres français par la suite ont d’autant plus inquiété. Tsonga a été, lors de ces dernières années, le Kinder bueno qui cachait la forêt. Sauf que quand le Kinder est mangé, on voit ce qu’il y a derrière. Et autant dire que là il n’y a pas grand chose. Entre la petite correction reçue par Simon au premier tour (6-1 2-6 4-6 1-6 contre Basilashvili), l’abandon de Gasquet au troisième tour et les frustrantes défaites de Pouille (troisième tour) (2-6 6-3 7-5 2-6 1-6 contre Ramos-Vinolas) et Monfils (huitièmes) (5-7 6-7(7) 2-6) contre Wawrinka), ce fut un fiasco où l’on a bien du mal à relever un point positif. Sur les 19 français engagés, seuls 6 ont franchi l’obstacle du premier tour. Benjamin Bonzi est peut-être le seul bon souvenir qu’aura le tennis masculin français de ce Roland-Garros. Qualifié pour le deuxième tour à seulement 20 ans, il était 266ème mondial au début du tournoi. Bon après il a gagné sur abandon mais bon…au point où on est.

Les dames ont sauvé l’honneur

Si aucun des Français engagés ne nous a emballé, ce n’est pas le cas des femmes. Eliminée en quart de finale, Kristina Mladenovic a réalisé un magnifique tournoi. Elle est notamment revenue deux fois de l’enfer. Mené 3-0 dans le troisième set de son premier tour, Kiki a renversé l’Américaine Brady pour s’imposer 9-7. Rebelote au troisième tour. Mené 5-2 dans l’ultime manche par Rogers (encore une Américaine), la Française a su trouver les ressources pour l’emporter 8-6. Gênée au dos durant toute la quinzaine, Kristina Mladenovic a fait preuve d’un grand courage et a enflammé un public à qui elle ne cesse de déclarer sa flamme. Tombeuse de la tenante du titre Gabrine Muguruza (n°4) en huitièmes (6-1 3-6 6-3), la tête de série n°13 a malheureusement perdu de manière surprenante contre la Suisse Bacsinszky (n°30) en quart de finale (6-4 6-4).

Dans la seconde partie de tableau, deux françaises ont cartonné. Tombeuse d’Agnieszka Radwanska (POL/n°9) au troisième tour, Alizé Cornet a fait une démonstration de force en atomisant son adversaire 6-2 6-1. Malheureusement pour elle, Caroline Garcia s’est dressée sur son chemin au tour suivant. Cette dernière a fait un bon tournoi mais sans plus. Toujours opposée à des adversaires dites plus faibles, Caro a assuré avant de tomber en quart de finale face à la puissante Karolina Pliskova (RTC/n°2) (7-6(3) 6-4).

Dans cette édition 2017, on a également pu observer de petites jeunes qui semblent bien parties pour faire les belles heures du tennis français. Agé de 22 ans, Coline Pacquet a réussi l’exploit de sortir Kristyna Pliskova au premier tour (6-7(4) 6-2 6-2) au terme de quasiment deux heures de match. De deux ans sa cadette, Océane Dodin a bien failli faire encore plus fort en passant tout près de l’exploit face à Svetlana Kusnetsova lors du deuxième tour (RUS/n°8) (6-7(5) 7-5 3-6). Battue par l’expérience de son adversaire, Dodin a pris rendez-vous avec l’avenir.

Il manque cette culture de la gagne

Ces 15 jours Porte d’Auteuil nous ont fait mal au cœur. Zéro français en quart ça pique un peu les fesses. Alors oui, les filles se sont bien débrouillées, mais à part Kristina Mladenovic, aucune joueuse ne nous a vraiment fait rêver et n’a su gagner un gros match (Alizé Cornet a juste sorti le match de sa saison mais on a vu ce que ça a donné derrière). On a l’impression que les Français sont, quelque soit le sport, habitués aux places d’honneur. Comme le disait les Inconnus (grosse référence attention), « on perd avec les honneurs ». Oui mais dans perdre avec les honneurs il y a perdre. On commence à en avoir marre de voir Wawrinka taper notre dernier représentant tous les ans. On commence à en avoir marre de voir une Française réaliser un exploit pour perdre ensuite contre la 50ème mondiale. Pourquoi cette peur de gagner ? Pourquoi s’arrêter toujours en quart ou en demie ? On a beaucoup aimé l’attitude et les performances de Mladenovic, elle a été la meilleure française et a sauvé les meubles. Mais mon Dieu ! Comment est-ce possible de battre une top 5 mondiale, tenante du titre, et de s’écrouler deux jours après contre une joueuse qui ne fait même pas partie du top 30 ?

Les Gasquet, Simon, Tsonga et Monfils sont sur le circuit depuis environ dix ans. Ils n’ont à eux quatre que une finale de Grand Chelem et elle date d’il y a neuf ans. Même Cilic a déjà gagné un Grand Chelem alors qu’un Jo est au-dessus de ce type de joueur. Il manque cette culture de la gagne et c’est bien dommage car avec elle, cette année, on peut vous dire qu’on aurait eu droit à mieux qu’un huitième de finale.

 

Supporter de L’OL en Ligue 1 et de l’ASM en Top 14. La deuxième place, c’est pour lui.

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